samedi 7 novembre 2020

Babar, vedette de l'ORTF



Tout comme Nounours de Bonne nuit les petits ou Kiri le clown, le sympathique éléphant Babar était une star de l'ORTF en 1969-1970. Ce programme pour enfants comprenait 78 épisodes de 5mn. Alors qu'un comédien était sous le costume de Babar, sa voix grave était celle d'un autre comédien, notre ami Benoît Allemane, 35 ans à l'époque.
Benoit nous précise que les voix n'étaient pas les mêmes pour la TV et pour les disques. Alors qu'à la TV, Denise Grey prêtait sa voix à la veille dame et que Jacqueline Jefford doublait la gouvernante, sur les disques on retrouvait Madeleine Barbulée et aussi Teddy Bilis... Mais Benoit apportait bien tout son talent à Babar, quel que soit le support.

(Remerciements à Benoît Allemane)

(c) La Gazette du doublage - 2020

jeudi 5 novembre 2020

Décès de Claude Giraud (1936-2020)

Nous venons d'apprendre le décès du grand comédien français Claude Giraud. Ancien sociétaire de la Comédie-Française, certains se souviendront de lui pour le rôle de Philippe de Plessis-Bellière dans les Angélique ou encore pour celui de Slimane dans Les Aventures de Rabbi Jacob.

Grande voix du doublage, il a suivi Robert Redford et Tommy Lee Jones dans la plupart de leurs films, mais aussi Elvis Presley dans Charro (1969), Warren Beatty dans Dollars (1971), Paul Newman dans Les Indésirables (1972), John Philip Law dans Le Voyage fantastique de Sinbad (1975), Giuliano Gemma dans L'Affaire Mori (1977), Harrison Ford dans Les Aventuriers de l'Arche perdue (1981; choisi et dirigé par Marc Cassot), Mel Gibson dans Le Bounty (1984, choisi et dirigé par Jacques Thébault), Sean Connery dans Le Nom de la Rose (1986), Tom Selleck dans Mr Quigley l'Australien (1990), Liam Neeson dans La Liste de Schindler (1994), Roger Moore dans Le Grand tournoi (1996), Patrick Stewart dans les films de Star Trek (à partir de 1996), Alan Rickman dans les Harry Potter (A partir de 2001; choisi et dirigé par Jenny Gérard) et à la télévision, David Birney dans la série Serpico (1976), Stacy Keach dans L'Amour en héritage (1984), Richard Chamberlain dans Shogun (1988), Pierce Brosnan dans Le tour du monde en 80 jours (1989) ou encore le personnage d'Ulysse dans le célèbre dessin-animé Ulysse 31.

Claude Giraud était un homme talentueux et discret que nous avions eu la chance de rencontrer et d'interviewer sur le doublage d'un des derniers Harry Potter. Il s'était retiré du métier il y a quelques années pour des raisons de santé.

Nous présentons nos sincères condoléances à ses enfants et à ses proches.

(Remerciements à Olivier Boisson et à Michèle André)

(c) La Gazette du doublage - 2020

mardi 3 novembre 2020

Les voix françaises de Sean Connery



Alors qu'il vient juste de nous quitter à l'âge de 90 ans, il est intéressant de se souvenir des comédiens français qui ont prêté leur voix à Sean Connery, un des acteurs majeurs depuis les années 60.

Connery a commencé sa carrière en tournant quelques seconds rôles dans des productions anglo-saxonnes. L’année 1962 est une étape importante pour lui puisqu’il va obtenir ses galons de star grâce au personnage de James Bond et, par la suite, tourner avec de grands réalisateurs. Ce nouveau statut va lui permettre d’avoir deux voix françaises quasi habituelles qui vont s’entremêler selon les films : celles des comédiens Jean-Pierre Duclos et Jean-Claude Michel.

Né en Suisse en 1931, Jean-Pierre Duclos est choisi sur essais pour le doubler dans James Bond contre Docteur No. Il va lui prêter sa voix suave pour tous les autres Bond des années 60, jusqu’aux Diamants sont éternels (1971). Il le doublera aussi dans La Femme de Paille (1964).
J-.P. Duclos a commencé le doublage vers 1955 avec la série des Sissi dans laquelle il prêtait sa voix à Karl-Heinz Böhm. Notre ami comédien a été aussi le spécialiste du doublage des espions du cinéma des années 60 (OSS 117, Flint…). Il a aussi souvent doublé James Coburn, notamment dans La grande évasion (1963) et Il était une fois la révolution (1972). C’est à cette époque que Jean-Pierre Duclos a tourné le dos au doublage et s’est orienté vers une autre profession.

Jean-Claude Michel est né à Paris en 1925. Il a prêté sa voix belle voix virile à Connery dans la plupart des films « non-Bondiens » des années 60 : Pas de printemps pour Marnie (1964), La colline des hommes perdus (1965), L’homme à la tête fêlée (1966)… Il a, tout de même, doublé George Lazenby dans Au service secret de sa majesté (1969), le seul James Bond que l’acteur australien ait tourné.
Après l’arrêt de Jean-Pierre Duclos, J-.C. Michel devient la voix habituelle de Connery. On l’entendra dans Le gang Anderson (1971), Zardoz (1974), L’homme qui voulut être roi (1975), Outland (1981), Jamais plus jamais (1983), Highlander (1985), Indiana Jones et la dernière croisade (1989), Rock (1996)… jusqu’à Haute Voltige en 1999, date à laquelle il nous a, hélas, quittés. Jean-Claude Michel a débuté au théâtre après la guerre. Au début des années 50, il s’est orienté presque exclusivement vers la synchronisation des films. Pendant près d’un demi-siècle, il a doublé les plus grandes stars du cinéma : Richard Burton, Tony Curtis, Clint Eastwood, Charlton Heston, Leslie Nielsen…

A part les deux principaux interprètes de doublage ci-dessus, d’autres comédiens ont aussi doublé ponctuellement Sean Connery selon l’époque, le genre de rôle, le choix du réalisateur ou du distributeur de ses films en France : Roland Ménard dans Je pleure mon amour (1958), Jean Martinelli dans La plus grande aventure de Tarzan (1959), Henry Djanik dans Le jour le plus long (1962), Sady Rebbot dans Le crime de l’Orient-Express (1974), Pierre Hatet dans Un pont trop loin (1976), Claude Giraud dans Le nom de la Rose (1986), le belge Léon Dony dans Un anglais sous les tropiques (1993), Juste cause (1995) et Lancelot (1995), Georges Berthomieu dans La carte du cœur (1998) et Bernard Dhéran dans La grande attaque du train d’or (1979), A la rencontre de Forrester (2000) et La ligue des gentlemen extraordinaires (2003)…

(c) La Gazette du doublage - 2020

mercredi 14 octobre 2020

Les voix françaises de Roger Moore



S'il est une voix française indissociable d'une star étrangère, c'est bien celle de Claude Bertrand sur Roger Moore. Il a doublé l'acteur britannique, à quelques exceptions près, durant toute sa carrière. Même si le timbre naturellement grave du comédien français était plus proche de celui de Bud Spencer, qu'il a souvent doublé aussi, son talent lui permettait d'alléger sa voix et de lui donner un ton plus flegmatique sur Moore. Hélas, la maladie a eu raison de ce gaillard de 1,90 mètre en 1986. Il a laissé Roger Moore orphelin, en quelque sorte, puisque depuis cette date, Moore n'a pas eu de voix française habituelle.

Claude Bertrand a doublé Roger Moore dans Le Saint (série 1962-1969), La Seconde Mort d’Harold Pelham (1970), Amicalement Vôtre (série 1971-1972), Vivre et Laisser Mourir (1973), L'Homme au Pistolet d'or (1974), Gold (1974), Le Veinard (1975), L’Exécuteur (1976), Parole d’Homme (1976), L'Espion qui m'aimait (1977), Les Oies sauvages (1978), Moonraker (1979), Bons Baisers d’Athènes (1979), Le Commando de Sa Majesté (1980), Les Séducteurs (1980), Les Loups de Haute Mer (1980), Rien que Pour vos Yeux (1981), Octopussy (1983), Machination (1984) et Dangereusement Vôtre (1985).

Claude Bertrand est né le 24 mars 1919 à Gréasque, dans les Bouches-du-Rhône. Après le Baccalauréat série Lettres et un diplôme supérieur en Physique et Chimie, passionné par le théâtre, il décide de devenir comédien. Il entre alors au Conservatoire national d’art dramatique de Paris et débute, en 1946, en faisant de la figuration au Vieux Colombier. C'est aussi à cette époque qu'il commence à faire du doublage. Il prête sa voix à John Wayne dans Sacramento (1942), L'Ange et le mauvais garçon (1947), à Orson Welles dans La Dame de Shanghaï (1948), Joseph Cotten dans Le Troisième homme (1949)… En 1949, il se marie à Paris. De cette union va naître, en janvier 1955, son fils René. Hélas, en 1968, son épouse décède dans un accident. Quelques années plus tard, Claude Bertrand se remarie et partage son temps entre sa vie de famille et son métier qui le passionne toujours autant.

A propos de son père, René Bertrand nous dit : « Mon père était un être secret qui parlait peu de lui. C’était par contre un boute-en-train en société où il était apprécié pour ses talents de conteur. Je crois qu’il fut excellent dans le doublage. Quelques comédiens célèbres se prêtèrent à sa voix : Roger Moore, Charles Bronson (notamment dans Un Justicier dans la ville en 1974) plus que d’autres. Il avait, je crois, renoncé au théâtre pour gagner mieux sa vie. Le doublage, en fin de compte, le lui aura à peine permis. Quelques souvenirs me reviennent des répétitions musicales, à la maison, de la partition de O’Malley, le héros félin du long métrage de Disney Les Aristochats (1970) à l’occasion desquelles il a alors définitivement arrêté de fumer car c’était un gros fumeur de Gitanes. »

Toujours à propos de doublage, notons que Bertrand a doublé de nombreux autres acteurs : Ray Milland dans Le Crime était presque parfait (1954), Marlon Brando dans Sayonara (1957), Brad Dexter dans Les Sept mercenaires (1960), Eli Wallach dans Le Bon, la Brute et le Truand (1966), Peter Ustinov dans Le Fantôme de Barbe-noire (1968), le personnage du Capitaine Haddock dans Tintin et le temple du soleil (1969) et dans Tintin et le lac aux requins (1972), William Conrad dans la série Cannon (à partir de 1973), le personnage de Petit Jean dans le Robin des Bois de Disney, 1973), Robert Mitchum dans Le Grand sommeil (1978) et très souvent Burt Lancaster (Trapèze, Scorpio…) et Bud Spencer ( On l'appelle Trinita…).

Claude Bertrand est aussi apparu dans quelques films et feuilletons français : Le Couteau sous la gorge (1955), Marguerite de la nuit (1956), Michel Vaillant (1967), Omer Pacha (1970), L’Amour l’après-midi (1972), Les Cinq dernières minutes (1975), Police Python 357 (1976), Le Maître d’école (1981)…

En 1979, à l’âge de 60 ans, Claude Bertrand prend sa retraite et part s’installer à Bessèges dans le Gard. De là, il remonte régulièrement à Paris pour le doublage des films de Roger Moore et de Bud Spencer en particulier. En mars 1985, les premiers signes d’une longue maladie apparaissent. Il nous quitte le 13 décembre 1986.

D'autres comédiens ont prêté leur voix à Roger Moore, selon l'époque et les choix des directeurs artistiques : Jean-Louis Jemma (la voix française de Guy Williams dans la série Zorro) dans La Dernière Fois que j'ai vu Paris (1954), dans Diane de Poitiers (1956) et dans L'Enlèvement des Sabines (1961) - Georges Descrières dans Mélodie interrompue (1955) - Claude d’Yd dans Le Voleur du Roi (1955) - Jacques Toja (la voix de Marlon Brando dan le 1er doublage de Superman) dans Ivanhoé (série 1958) - Marc Cassot (la voix française de Paul Newman) dans Quand la terre brûle (1959) - René Arrieu (la voix française habituelle de Henry Fonda) dans Le Trésor des Sept Collines (1961) et dans Au péril de sa vie (1961), Jean Roche dans Sherlock Holmes à New York (1976) - Jean-Claude Michel (la voix française habituelle de Sean Connery) dans Double jeu (Crossplot) (1969) et dans L'Equipée du Cannonball (1981) - Patrick Floersheim (la voix française habituelle de Michael Douglas) dans Le Muppet Show (1980) - Daniel Gall (la voix française d'Actarus dans Goldorak) dans L'héritier de la Panthère rose (1983) - le comédien québécois Léo Ilial dans Feu, glace et dynamite (1990), Claude Giraud (la voix française de Robert Redford) dans Double Arnaque (1990), Le Grand Tournoi (1996) et dans Alias (2002) (série) (saison 1, épisode 16 : la Prophétie) - le comédien belge Pascal Racan dans L'Homme qui refusait de mourir (1994) - Jean Berger (la voix de Patrick Macnee dans Chapeau melon et bottes de cuir) dans Spice World, le film (1997) - Jean Barney (il a doublé Michael Douglas dans Wall Street) dans Le Saint (1997) - Jean Lagache (il a doublé plusieurs fois Clint Eastwood) dans Stratégiquement Vôtre (2001) - Pierre Hatet (la voix française de Mike Connors dans Mannix et du Doc dans Retour vers le futur) dans Boat Trip (2002) - Frédéric Cerdal (il a doublé Michael Caine dans la trilogie des Dark Knight) dans Comme chiens et chats : La Revanche de Kitty Galore (2010 ; Voix de Tab Lazenby) - le comédien belge Patrick Waleffe dans Il était une fois à Castlebury (2011) et Jean-Pierre Leroux (il a parfois doublé Anthony Perkins) dans le téléfilm Le Saint (2017).

(A la mémoire de Yann Chesnais et de son "Sir Roger Moore Project")

(c) La Gazette du doublage - 2020