| |
vendredi 5 février 2010
Par Nicolas Reyboubet,
vendredi 5 février 2010 à 21:14 :: Actualités
 Une très belle idée à vue le jour sur Ciné Cinéma Club. À l’initiative du département réalisation, scénario, production de la Sorbonne, une série documentaire consacrée à Paris a donné naissance à sept films de 26 minutes de jeunes étudiants. Bien que nous nous méfiions du film de thésard, qui a parfois tendance à confondre cinéma et confidences nombrilistes sous couvert de citations Baudriardiennes, nous ne pouvons que nous réjouir d’un projet qui donne la parole à une nouvelle génération. L’occasion certainement de voir de nouvelles audaces visuelles et de découvrir enfin les dessous de cette jeunesse que répudie tant nos instances !!
Bon, à dire vrai, il faut se calmer. Entre douces maladresses et réflexes universitaires, nous ne traversons que rarement la frontière du Sorbonnarement-correcte. A se demander si la mort de Rohmer ne signera pas la fin d'une quelconque possibilité d’évolution au sein de l’antichambre des blocs-notes du cinématographe ?
Le meilleur se situant dans des films de « passeurs » : La renaissance ou la vie Intermédiaire de Pauline Pelsy- Johann (reportage sur ce café de la rue Championnet dans le 18éme, qui inspira autant Deville, Chabrol que Tarantino dans son Unglorious Basterds) ; Italo ou le Nouveau Monde de Jean Baptiste Bonnet (portrait du cinéphile ITALO MANZI– collaborateur de l’ Encyclopédie du Cinéma Français d ‘Armel De Lorme dont nous reparlerons dans les prochaines semaines) ou ce Belleville en films de Rhama Benhamou El Madani, qui arpente avec une bénévole d’association ( Belleville en vue-s) le quartier de Casque d’Or de Jean Becker, et dont le travail sociolinguistique avec les immigrés donne lieu à des témoignages qui renseignent bien sur les priorités pédagogiques cinéphiles à apporter.
En effet, que peut signifier Casque d’Or à des personnes pour qui Chouchou représente le cinéma Français ? Problématique cruciale qui n’est qu’amorcée dans le film. Bien courageux les colporteurs de cinéma. Enthousiasme, humilité et stratégie militaire pour celui qui ira à l'encontre des échecs de l'éducation nationale.
Reste ce spécimen : Passemerveille, où la voix de Michael Lonsdale vient traduire les rêveries hallucinées d’un insomniaque, amoureux érudit d’ Histoires Naturelles : Guillaume Massart. Ce jeune réalisateur a vu dans le lac de Daumesnil la possibilité d’un grand hommage à ses émissions nocturnes favorites : un regard Rousseauiste et cynique sur le monde.
Paris m’inspire du 6 au 28 Février, en multi diffusions sur Ciné cinéma Club.
Aucun commentaire
- Aucun trackback
mardi 2 février 2010
Par Nicolas Reyboubet,
mardi 2 février 2010 à 09:17 :: Actualités
 Faire un film fantastique aujourd’hui en France est de l’ordre de l’enjeu. Bien loin des accommodations d’Eurociné en son temps, en la personne de Marius Lesœur (le Roger Corman français- le Lac des Morts Vivants, Mondo Cannibale.. ) le genre actuel peine à s’affirmer mais également à trouver son public.
Victime d’une économie fragile les réalisateurs réduisent leurs ambitions, décors et scènes. Ce qui fonctionne aux États-Unis, qui a dopé le cinéma italien ou japonais dans les années 70 semble être réservé en France à quelques obscurs cinéphiles ou geeks introvertis.
Pourtant que serait l’histoire du cinéma sans Sergio Leone, Kenji Mitsumi ou Dario Argento ? « Un curé sans soutane, une soupe sans sel, un baiser sans moustache » nous dirait Blier dans Calmos : bref, une vie sans ivresse.
Mais qu’est-ce qu’ils lui ont refilé ? Ça existe quelque part dans un manuel médical ? Les réceptions sous Baudis devaient être sacrément arrangées place du Capitole. Ses années toulousaines semblent lui avoir laisser quelques séquelles au père Dahan. Peut-être avez-vous vu ses interventions musclées sur Ciné Cinéma ? Du vrai concentré de Sud-Ouest en liberté.
Après s’être fait un nom à Positif ou Mad Movies, Yannick Dahan, enthousiaste notoire, est arrivé un peu par hasard à la télévision pour défendre du Bis ou défoncer du Nanard. Aujourd’hui, suite dans les idées oblige, le voilà aux commandes de son premier long métrage coréalisé avec son acolyte Benjamin Rocher (en vérité les deux doublures festival de Jaume Balagueró et Paco Plaza réalisateurs de Rec). Par soucis d’indépendance les deux compères ont même décidé de monter leur propre production.
Bien sûr il a fallu se confronter aux réalités financières, et découvrir qu’avec le budget d’un Guiraudie, il était parfois difficile de faire un McTiernan. Bienheureusement obstinés, les voilà avec un film de zombie qui a su créer l’émulation, puisque 3000 personnes se sont portés volontaires (traversant parfois toute la France) pour venir manger de la chaire fraîche, les yeux révulsés, avec une manière de marcher qui semble aller à l’encontre de toute théorie darwinienne : bref, c’est beau les superproductions à la française ! ( Vous faites quoi ce week end?)
Citer Carpenter, Romero, Lenzi ou même Audiard (que j’aime le mélange des genres !!) ne vous rendrait pas le plaisir de défoncer du zombie pendant une heure trente (parce que marre des films de 2h20) dans ce film au démarrage quasi-lepéniste (si, ça surprend au début) qui se clos en survival musclé et dont Yves Pignot, archétype de l’ancien d’Algérie (Cremer dans De bruit et de fureur), propose une interprétation amusée, « hédoniste » mais intransigeante.
D’aucuns seront regardants, moi j'ai juste envie de retrouver mes infirmières-vampires, mes hommes poissons, mon mutique Django contre l'épouvantable Frankeinstein, mes braves bidasses contre l'effroyable Gozilla et l'invincible Fukasaku contre tonton Tarantino !
Un commentaire
- Aucun trackback
jeudi 28 janvier 2010
Par Nicolas Reyboubet,
jeudi 28 janvier 2010 à 18:27 :: Actualités
Le nouveau film de Wes Anderson est en fait son premier film d'animation. Adapté du Fantastique Maïtre Renard de Roald Dahl (auteur a qui l'on doit également Charlie et la Chocolaterie mais aussi The Gremlins), ce nouveau film est un vieux rêve d'enfant, le réalisateur ayant eu pour livre de chevet ce héros canin, fier et courageux, qui ne manque pas de mettre au défi trois ignobles fermiers.
Afin d'en savoir plus sur ce très réussi Fantastic Mr.Fox, dont la version originale nous offre la voix d'un Georges Clooney à la fois animal et élégant, distingué et très suave : du sur mesure pour notre carnassier; nous avons rencontré Patricia Sourdes, animatrice française, réquisitionnée pour prêter main forte à l'oncle Sam. Une expérience enrichissante pour cette jeune réalisatrice qui, on l'espère, l'amènera vers de nouveaux projets.. fantastiques!
O.C : En ce qui te concerne tu as fait une école à Valence (?) , ensuite tu as bossé
pour La prophétie des grenouilles? Racontes moi un peu ton parcours et comment
tu en es arrivée à être contactée par l'équipe de Wes Anderson?
Patricia Sourdes : Alors là, je suis désolée de le dire, mais que des erreurs!
Je n'ai pas fait d'école d'animation, j'ai fait un BTS audiovisuel en montage. Je suis formée pour être monteuse.
Je suis arrivée à Valence, à Folimage ( ndlr : Studio d'animation crée en 1981 dans la Drôme, étant aujourd'hui une référence au niveau international), en stage. A ce moment là ils allaient débuter sous peu une nouvelle saison d'une série TV en volume qui s'appelle Hopital Hilltop.
J'ai vu les animateurs bosser, ça m'a plu, ils avaient besoin de monde, j'ai fait un bout d'essai et ça a marché.
C'est vrai que pendant la même période, à l'étage du dessus ils réalisaient la Prophétie des Grenouilles. Mais c'est de la 2D, ce n'est pas la même technique.
Je suis encore débutante comme animatrice, et à mon niveau on est pas encore contacté pour travailler sur un film, on envoie son cv et sa démo et on passe des coups de fils...
O.C : Tu es partie à Londres courant 2008 je crois, et tu as pu te mesurer aux
techniques anglo-saxonnes? Comment était-ce? Sont elles différentes?
P.S : Les techniques étaient différentes effectivement de ce que j'avais pu voir précédemment, mais ce n'est pas tellement leurs nationalités qui les rend différentes, c'est la dimension du projet.
Je suis passée de petits studios français de 20 à 40 personnes, avec un esprit familial et peu de moyens, à un énorme studio qui donne l'impression les premiers jours d'un labyrinthe, une équipe de plus de 200 personnes et une production américaine. Donc voilà, techniquement c'est le rêve, tu as tout le matériel dont tu peux rêver et ce que tu avais appris à faire par toi même, parce que dans un petit studio tu dois te diversifier, là il y a quelqu'un dont c'est le job qui le fait pour toi. Donc tu te concentres sur ton boulot et ton boulot uniquement. Waouh!!
Par contre la différence de nationalité se ressent plus au niveau de la production. On est plus là pour faire ce qu'on aime, se faire plaisir tout en faisant de la qualité, on est là pour travailler dur, et si t'es pas content tu vas voir ailleurs!
O.C : Tu m'as dis être un peu déroutée par le côté "vidéo-conférence" / vidéo/
travail de Hollywood.. ?
P.S : En fait cet aspect était propre à Mr Fox. C'est la première fois je crois, qu'un réalisateur décide de réaliser son film à distance, par mail et téléphone. C'était un choix de Wes. Pendant un an de tournage il a dû venir 10 jours à Londres.
Cela rendait les choses extrêmement lentes et frustrantes. Wes avait une idée très précise de ce qu'il voulait sur tout. Donc imagines que tu veux placer un objet au premier plan. Si le réalisateur est là il prend l'objet, il le place et on en parle plus. Mais par mail, tu lui envoies une 1ère photo, au bout de quelques heures il répond "non, l'objet plus à droite", tu déplaces l'objet, tu reprends une photo, remail, là il te répond " non, pas tant, un peu plus à gauche"....c'est sans fin, et ce procédé valait pour tout. Cela rendait tout le monde fou.
Le pire c'est qu'on à jamais su pourquoi Wes n'était pas sur place avec nous.
O.C : Pour moi et les lecteurs qui n'y connaissent pas grand chose en animation
peux tu nous dire sur quelles techniques tu as travaillé sur ce film? Et qu'es
ce qu'on t'as demandé de faire? Tu m'as dis avoir apporté des solutions
techniques, qu'elles sont elles?
P.S : En gros, parce que sinon ça va être long, il y a 3 grandes techniques d'animation.
La 2D ou dessin animé ( Disney à sa grande époque, la prophétie des grenouilles...)
la 3D ou animation par ordinateur ( Pixar )
le volume ou stop motion ( L'étrange noël de Monsieur Jack, Wallace et Gromit...)
Mr Fox c'est du stop motion. Et Wes a voulu du stop motion pur, à l'ancienne, sans intégration 3D.
C'est ce pour quoi j'ai été embauchée au début . Trouver des solutions pour faire des effets sans ordinateur, avec des bouts de ficelles et des trucs de l'ancienne école. Comment faire du feu, de l'eau, de la fumée? Donc voila, après beaucoup de recherches, le feu dans le film est fait de flammes en savon sculpté par exemple!
O.C : Ce film est-il un pas en avant dans l'histoire de l'animation?
P.S : Pour moi il s'agit plutôt d'un pas en arrière, dans le bon sens du terme. 
La stop motion a son age d'or derrière elle, avec des films qui ont marqué l'histoire du cinéma assez ancien maintenant. La stop motion récente tendait à se tourner vers un aspect 3D pour faire plus moderne, comme les Noces Funèbres pour lequel il était difficile parfois de dire s'il s'agissait de stop motion ou pas.
Mr Fox renoue avec la stop motion de l'age d'or, prouve que c'est une technique à part entière qui n'a pas besoin de la 3D pour plaire. C'est aussi un vrai film d'auteur, ce qui manquait dernièrement en animation.
O.C : Tu sors de ce boulot tu dois être sollicitée? Quels sont tes projets? Où en es
tu de ton film à toi?
P.S : L'animation volume est une petite famille qui tend à rester la même et à tourner de films en films et de pays en pays. Il faut du temps pour l'intégrer, il ne suffira pas d'un film.
Mon court métrage est toujours en finition et derniers détails. Mais il devrait voir le jour bientôt !
Aucun commentaire
- Aucun trackback
lundi 25 janvier 2010
Par Nicolas Reyboubet,
lundi 25 janvier 2010 à 10:01 :: Actualités
Vendredi 22 Janvier : Ce matin, la chaîne cryptée nous conviait pour un petit-déjeuner au Fouquet’s afin de découvrir les œuvres et artistes nommés en lice à la 35éme cérémonie des Césars le 27 février prochain. Après nous avoir rappelé l’importance de cette institution jadis inaugurée par Jean Gabin, Alain Terzian, son président, nous informa de la présidence de la cérémonie en la personne de Marion Cotillard, ainsi que de la présence de Valérie Lemercier et Gad Elmaleh en tant que maîtres de cérémonie.
Entre croissants, champagne et regards obliques sur la nature de ma relation matinale avec ce vin pétillant, dont la bulle propulsée comme un service d’André Agassi sur l’enveloppe gustative de votre palais ressemble à une charge militaire savoureuse, un peu comme si chaque figurant du I van le Terrible de Sergueï Eseinsteïn brandissait un raisin géant pour venir en éclater le parfum sur la surface de votre langue amoureuse; je découvrais le penchant cinéphile des quelques 3900 professionnels de la profession qui forment l’ensemble des votants.
Aussi je fus heureux de m’apercevoir que le Gran Torino de Clint Eastwood n’était, cette fois, pas laissé pour compte. Plébiscité lors de sa sortie, les grands hebdomadaires français l’avaient oubliés lors des bilans de la fin d’année 2009.
Mais ma présence n’était pas due à cette machinerie, qui parfois peut respirer l’artifice, et qui est sans doute, pour toute industrie qui se respecte, un bon moyen d’animer et de dynamiser une profession. Nous rappellerons que c’est Frank Capra qui inspira la version originale, et qu’une idée émanant d’un tel homme ne peut foncièrement être mauvaise. Ma présence, donc, était due à la section court métrage (voir notre article précédent), dont les talentueux Gratuits pour les Filles de Claire Burger et Marie Amachoukeli, La Raison de l’Autre de Foued Mansour et Séance Familiale de Cheng-Chui Kuo sont retenus pour le grand bal costumé (Il nous tarde de voir Foued en costard !). A leurs côtés Donde esta Kim Basinger ? de Edouard Deluc, habile comédie tournée en Argentine, et Les Williams de Alban Mensch que je n’ai pas eu l’occasion de voir. Le grand oublié de cette sélection est sans doute le Montparnasse de Michaël Hers, qui malgré son indéniable sens du dialogue a dû inspirer à tort l’ennui chez les votants. Michaël Hers, quelque part, est à Deplechin ce que Leone est à Ford. Nous y reviendrons.
Dans la catégorie meilleur film se disputeront l’improbable Herbes Folles, le décevant Rapt, le joyeux Concert ainsi que La journée de la Jupe, A l’origine, Welcome, et celui treize fois nommé : Un Prophète.
Concernant les regards obliques j’eus vite fait d’être décomplexé dés lors que je me retrouvais en salle, accompagné d’un héroïque Gainsbourg, dont la fragilité, les lettres et le charme me rassuraient sur ma condition d’être vulnérable.
35éme cérémonie des Césars : le 27 Février sur canal+
Aucun commentaire
- Aucun trackback
lundi 18 janvier 2010
Par Nicolas Reyboubet,
lundi 18 janvier 2010 à 16:29 :: Actualités
 Cette année l' association Clap Noir - crée en 2002 pour soutenir et diffuser les productions africaines- proposera un rendez vous bimestruel au cinéma le Nouveau Latina.
Ce mardi 19 Janvier verra la présence de Osvalde Lewat, réalisatrice camerounaise qui interroge à travers son saisissant Une Affaire de Nègre la réalité démocratique du Cameroun. En effet en février 2000, le Président de la République Camerounaise institue un « commandement opérationnel » pour lutter contre le grand banditisme de la région de Douala. Le commandement procède à des rafles : mille six cents personnes disparaissent ou sont tuées.
Que ce soit un père effondré au deuil impossible, ou l'insolvable interrogation des familles des victimes, tout concorde à nous faire découvrir un pays impuissant. Cette mécanique dictatoriale (enlèvements, emprisonnements, rackets, trucage des urnes) ainsi que le témoignage affligeant - tellement nous ne nous situons plus dans une logique humaine, mais une logique de devoir accompli ou même de rendement - d'un des bourreaux, nous renvoient dans la figure l'histoire de l'Europe du 20éme siècle. Et nous assistons, de manière quasi médicale, à ce qui n'est même pas une confession : juste un rapport.
Par ailleurs la réalisatrice nous présentera en deuxième partie un film co-produit par Arte : Zimbabwe, de la libération au chaos de Michael Raeburn, et qui selon ses propres mots : " nous rappelle, avec une certaine acuité, à quel point le pouvoir corrompt et que le pouvoir absolu corrompt absolument ».
Les Maquis Documentaires, un bon moyen de faire l'état des lieux d'une Afrique et d'un cinéma africain biens vivants et souvent méconnus.
Retrouvez le programme sur : www.clapnoir.org
Aucun commentaire
- Aucun trackback
|
|
|
|