Comme souvent avec Adam Sandler, on se surprend à imaginer ce que certaines scènes pourraient traduire si l'acteur mécanique, consciencieusement trivial, se laissait un peu aller à sa seconde nature qui musarde, osons le dire, au bord du romantisme et de l'épanchement. Il possède le corps pour ça (une forme aiguë d'hébétude, le regard flottant), les potentialités (Amour et amnésie, Peter Segal), parfois le scénario - celui de Click, par exemple, qui recelait quelques jolies bouffées existentielles. Mais non, il y a Frank Coraci, grand spécialiste des rendez-vous manqués ; son récent Tour du monde en 80 jours oubliait trop vite que Jackie Chan sait aussi nous émouvoir. Alors dommage, car nous aimons bien Adam Sandler, nous aimons ces figures (trop) populaires s'échinant à jouer en deçà de leur catégorie et dont on présume qu'un jour ou l'autre, elles sauront nous saisir.