vendredi 13 octobre 2006

Encore Kon

Satoshi Kon était présent à Paris aujourd'hui pour des interviews dans le cadre de la sortie de Paprika. Un réalisateur passionné et passionnant, qui parle de son oeuvre avec une étonnante lucidité. A ses yeux, Paprika et son univers complexe (trois niveaux de réalité : le rêve, le réel et le virtuel) est un peu la somme, mais aussi le dépassement de son oeuvre passée. Un bilan pour le propulser vers autre chose. Il voit aussi Paprika comme l'histoire d'un personnage devenant adulte : le héros apprend à lutter contre ses rêves, à ne pas se laisser envahir tel un enfant. Et son dernier geste, sublime, sonne comme l'éveil d'une maturité, dépassant l'épilogue pour ouvrir vers un autre débat : aller au cinéma, ce n'est pas se laisser aller à la rêverie ; mais CHOISIR de rêver. Fondamental.

Paprika sort en salle le 6 décembre prochain. Et si Millenium Actress était une bourrasque narrative définitive, un souffle limpide et pourtant complexe, Paprika est une somme de vents contraires, une tornade qui arrache tout, vous secoue et vous recrache, le cerveau et l'âme lessivés. Un chef d'oeuvre épique en quelque sorte...

Les rêves, internet et l'inconscient

Hier, mercredi 11 octobre, Satoshi Kon a fait une apparition pour présenter, le jour de son anniversaire, et "en avant-première mondiale" son film Paprika. L'onirisme se mêle a policier, les mythes japonais à la mondialisation, les traditions à la modernité, et Paprika dit à l'inspecteur : "les rêves et internet nous permettent d'exprimer notre inconscient." Au final, une femme avale un homme pour rétablir l'ordre. Sortie le 6 décembre.