lundi 23 octobre 2006

l'homme expressionniste



Dans leurs cauchemars diurnes ou nocturnes, les femmes voient la perversion des hommes sur leurs visages. Cicatrices réelles ou projetées, elles les transforment en démons expressionnistes, alors même que Von Stroheim était un cinéaste du naturalisme. Queen Kelly et Maris aveugles sont parus en DVD chez MK2.

Mort de rire (Alex de la Iglesia, 1999)

Un inédit d'Alex de la Iglesia, ça ne se refuse pas... Tourné juste après l'escapade mexicaine de Perdita Durango (1997, d'après Barry Gifford), Muertos de risa, qui sort tardivement en DVD chez Lolafilms, inaugurait la future série des "comédies noires" (Mes chers voisins, Le Crime farpait) avec une telle virulence macabre et sinistre que le film, pourtant réjouissant, ne trouva pas de distributeur en salles. On comprendrait presque pourquoi, tant la charge grotesque s'avère épicée et l'humour impitoyable, au point que le spectateur médusé (dévasté ?) devant de telles extravagances misanthropiques, cherche en vain à se raccrocher au moindre frisson d'humanité - il y en a (tendance pathétique), mais il faut beaucoup gratter. Typique du style camp cher à Paul Bartel (Eating Raoul) ou John Waters, ce brûlot ultra-gauchisant mérite à coup sûr la réhabilitation, ne serait-ce que pour l'excellence de ses dialogues et de ses situations (Jorge Guerricaechevarria, égal à lui-même) et l'énergie filmique déployée par un vrai fondu de cinéma guérillero. Certes, on ne rit pas franchement, on se délecte plutôt au trente-sixième degré, à condition d'adhérer un minimum à cette vision nihiliste de la société contemporaine.