"J'ai fait le montage d'India de Rossellini à Paris, la nuit. Tandis que Roberto montait sa femme indienne, moi je montais son film. Et le matin, il était très content". L'auteur de ces sémillantes confidences (Les Inrockuptibles, 30 mai 2000) n'est pas un cinéaste convenable. Giovanni Brass, dit "Tinto", se plaît à filmer sous les jupes des dames (si possible entre les cuisses), glorifie le voyeurisme et la masturbation, s'égare dans des interviews homériques où il proclame se soucier uniquement de "faire bander les italiens" ; il dévoie les actrices "sérieuses" (Stefania Sandrelli dans La Clé, Ingrid Thulin dans Salon Kitty) pour leur offrir des turpitudes mouillées, convoque les nazis ou Caligula en toile de fond de ses fantasmes décadents, oubliant sans vergogne qu'il assista Joris Ivens et... Roberto. Bref, Tinto est un cochon, mais un cochon qui a du style.
C'est pourquoi le samedi 4 novembre prochain à 20h00 (salle Henri Langlois), la Cinémathèque Française lui rend hommage en sa présence, avec les projections, rarissimes sur grand écran, de deux "classiques" du Maestro : Capriccio (1987) et Paprika (1991). Nous ne doutons pas que les aficionados de ce grand réalisateur sans-culotte pour onanistes esthètes seront sur leur trente-et-un afin d'honorer leur idole et de trinquer à la (bonne) santé du cinéma-bis goguenard.