Pour les nostalgiques de Phantasm (27 ans déjà) et de ses trois sequels, pour ceux qui ont toujours préféré Dar l'Invincible à Conan le Barbare, pour tous les happy fews de Frank Henenlotter, Brian Yuzna et autres yankees sauvages nourris au biberon des séries B déjantées et revendicatrices (tendance anarchiste), Don Coscarelli est de retour avec ce titre un peu ancien que quelques séances festivalières enthousiastes (Bruxelles, Gérardmer, Montréal, etc.) ont propulsé dans les salles (15 février 2006) puis en DVD (M6 Vidéo), au gré d'un bouche à oreille laudateur. Comme souvent chez cet auteur inventif qui s'avance plus ou moins masqué, le scénario délirant (Elvis Presley et John F. Kennedy vs La Momie, dans une maison de retraite de cambrousse !) dissimule des préoccupations sérieuses et tourmentées (ici une réflexion émouvante et très crue sur la vieillesse, le déclin et la mort, que les rebondissements grotesques de l'intrigue teintent d'une coloration tonale assez perturbante), montrant une nouvelle fois la vitalité subversive du cinéma fantastique, territoire affranchi où les grands désespérés peuvent s'en donner à coeur joie dans la peine.