Voici un film qui, sans être révolutionnaire ou innovant (on identifie aisément la lignée, de John Landis à Michaël Youn, via les Monty Python ou les ZAZ), fleure bon la contestation potache de base, ce dont, par les temps consensuels qui courent, nous ne nous plaindrons pas trop. Il contient en outre quelques séquences mémorables, poussant très loin la trashitude autiste, comme les "lâchers de juifs" à la mode kazakhstanaise, le combat naturiste dans une chambre d'hôtel entre Borat et son producteur obèse, l'allocution raciste et fasciste devant les amateurs de rodéo fans de George Bush, furieuses pantalonnades incitant le spectateur à jouir des plus vils registres du rire incontrôlé - c'est gras, ça tache, on en sort tout piteux d'éructer aussi bas. On soulignera juste le manque de rigueur narrative conférant à l'ensemble l'allure un peu terne d'un enchaînement de sketches mal ajustés (sans doute Todd Phillips, évincé par Sacha Baron Cohen pour "divergences artistiques", aurait pu cimenter la matière foisonnante de cette pochade en roue libre), sans toutefois regretter l'avènement d'une véritable figure burlesque, ce qui n'est pas si fréquent dans l'histoire du cinéma comique.