Plus connu pour ses polars hard-boiled ou ses drames ultra-violents, l'increvable Takashi Miike (70 films en 15 ans selon Imdb) est aussi un formidable auteur comique, ce que prouve l'édition récente (par Asian Star qui nous avait déjà révélé la sémillante Sassy Girl de Kwak Jae-Yong) de The Happiness of the Katakuris, ahurissante comédie musicale camp (façon Bartel ou Alex de la Iglesia) mêlant chorégraphies primesautières, karaokés kitsch, animations en pâte à modeler et délires gore semi-grotesques, avec une énergie poétique peu commune à l'égal d'une intrigue macabre joliment invraisemblable. Pour tout dire, cette perle brillantissime 200% brindezingue (on y voit des zombies danser du modern jazz, un globuleux homoncule infiltrer la gorge d'une jeune fille pour dévorer sa luette, un lutteur de sumo écraser sa partenaire au moment de l'orgasme, etc.) défie les règles élémentaires de l'analyse classique à un point tel qu'il ne reste plus qu'à se laisser porter vers ces contrées improbables où la magie du cinéma surréel opère sa fascinante alchimie. A conseiller d'urgence aux cinéphiles blasés en quête d'émotions inédites.