Quelques mots, tout de même, pour signaler que cet opus 21 nous offre in vivo et substantiellement "le corps, le sang, l'âme et la divinité" de James Bond, c'est-à-dire ni plus ni moins qu'une eucharistie, 144 minutes, via une virginité visuelle (Daniel Craig, impérial dans le masochisme christique), pour aboutir à cette fameuse phrase : "My name is Bond" - entendez "Ecce homo". Comme Incassable (M. Night Shyamalan, 2000) inaugurait le nouveau siècle par la genèse en direct d'un super-héros universel, alors que Star Wars : épisode III - La Revanche des Sith (George Lucas, 2005) permettait enfin aux fans (après 28 ans d'attente) d'assister au moment mythique où Anakin Skywalker devient Dark Vador, il semblerait que notre millénaire numérique contraigne ses icônes populaires à exhiber leur chair originelle afin d'espérer l'éternel avènement de leur incarnation mentale.