mardi 16 janvier 2007

FUR, fâcheux four ?

Sur les écrans depuis le 10 janvier dernier, FUR avait toutes les cartes en main, quelques mois avant sa sortie, pour nous réjouir. Consacré à la célèbre photographe new-yorkaise Diane Arbus (1923-1971) dont l’œuvre demeure l’une des plus énigmatiques de la photographie féminine contemporaine, le film était surtout présenté (faussement vendu ?) comme un « portrait [filmique] imaginaire » de l’artiste. Séduits par ce choix de mélanger réalité biographique et ajouts fictionnels (métissage présent au cœur de talentueux biopics tel Last Days de Gus Van Sant), puis par une affiche pleine de promesse, calquée sur le modèle d’une planche contact au grain photographique sensuel et sobre, et enfin, pourquoi pas, par la présence de Nicole Kidman au casting, nous rêvions presque d’inscrire ce film parmi les sorties réussies de ce début d’année 2007. Pourtant, on aurait dû s’en douter, lire entre les lignes du titre, - signifiant en français « fourrure », en référence à la profession du père de Diane, fourreur de luxe à NYC -, et donc, ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir vu...
Car si Nicole Kidman aurait vraiment pu être à la hauteur du personnage, l’intrigue farfelue et fourre-tout de FUR, lorgnant, pêle-mêle et de manière trop visible du côté d’Alice au pays des Merveilles, de La Belle et la Bête ou de Freaks, agace très vite le spectateur pourtant indulgent que nous fûmes, même une fois passé un générique capillaire ( !) portant un-je-ne-sais-quoi de déjà grotesque en soi... Faisant de Diane Arbus une épouse modèle en mal de créativité soudainement fascinée par Lionel Sweeney, un improbable voisin à la pilosité plus qu’abondante (Robert Downey Jr. jouant ‘la bête’), véritable Pygmalion poilu l’intronisant au « pays des merveilles » de l’anormalité et de la décadence, Steven Shainberg semble être passé à côté de son sujet. En l’occurrence, Diane Nemerov Arbus et son acheminement on ne peut plus personnel vers l’élaboration d’une photographie fascinante et dérangeante. Preuve de cette occasion manquée de réfléchir intelligemment (sur) les rapports entre photographie et cinéma, Diane/Nicole passe plus de temps à arborer autour de son cou gracile son appareil Rolleiflex qu’à le porter à ses yeux, comme s’il n’était qu’une parure féminine comme une autre...
Quant on sait que Steven Shainberg a mûri ce deuxième long métrage pendant plus de quinze ans, lui, dont l’oncle connu personnellement Diane Arbus, on se demande comment il a pu autant dénaturer la mise en récit et en images de cette observatrice inégalée de l’inquiétante étrangeté de l’être. Reporter notre regard sur ses propres autoportraits, nous en dira alors sûrement plus long sur ses "secrets" et ses thèmes de prédilection (l’individu, l’extra-ordinaire, l’identité ou le double). Une promesse malheureusement non tenue par FUR...

mercredi 10 janvier 2007

Changement de formule

La seule émission qui savait parler de cinéma sur les chaînes hertziennes se sépare de son rédacteur en chef...


Depuis février 2001, Court-Circuit (le magazine), sur Arte, proposait des sujets particulièrement stimulants, en marge de la mission initiale de l'émission qui consistait à diffuser des films courts.
Cette partie magazine était chapeauté par Luc Lagier, auteur, notamment, de livres passionnants sur John Carpenter (avec Jean-Baptiste Thoret) ou sur Brian de Palma. Le résultat fut, pendant près de six ans et pour 300 numéros, la meilleure émission de cinéma à la télévision. Un espace dont la particularité la plus essentielle était d'abolir les frontières. On y parlait de court, de longs, de cinéma expérimental, de clips, de séries télé, mais aussi de la mutation de nos rapports aux images (voir un récent sujet sur YouTube). Bref, il s'agissait de partir de la forme courte pour interroger le Cinéma dans son ensemble.
J'avoue moi-même m'être nourri d'un tas de pistes ouvertes par l'émission et avoir particulièrement apprécié la manière poétique avec laquelle étaient abordées les oeuvres. L'important, parfois, on aurait dit que c'était plus le regard porté sur les films - et les intuitions que ceux-ci généraient - que les œuvres elles-mêmes. C'était ambitieux, c'était aussi souvent très stimulant parce que ça nous reposait des discours convenus que l'on entend généralement à la télévision quand on y prétend parler de cinéma.
Il y a beaucoup à retenir de ces 300 numéros, entre l'incroyable sujet mettant en parallèle La jetée et Vertigo, celui sur les clips de Michael Jackson, sur The Big Shave de Scorsese, le portrait de Guy Maddin, les analyses fouillées des figures récurrentes de séries comme La quatrième dimension ou Mission : Impossible... On aimait aussi beaucoup le principe des collaborations et des cartes blanches confiées à des cinéastes, gages d'une diversité de points de vue et d'une ouverture salutaire à l'inattendu.
Aujourd'hui, l'émission change de formule et si elle conserve une partie magazine, celle-ci s'orientera semble-t-il surtout vers les développements multimédias et vers le versant fabrication (interviews de réalisateurs, etc.). Elle continuera à diffuser des courts métrages mais elle se sépare de Luc Lagier et des ses deux collaboratrices. Pas sûr donc que l'on y retrouve le sens de l'analyse de l'intéressé ni son ouverture aux champs les plus divers du cinéma. À suivre donc...

jeudi 4 janvier 2007

The Holiday (Nancy Meyers, 2006)

Et un navet de plus, un ! Il y a bien quelques jolies scènes (sur le canapé entre Jack Black et Kate Winslet, avec les petites filles de Jude Law), deux ou trois bonnes répliques ("On dirait ma Barbie", à propos de Cameron Diaz), un excellent gimmick franchement mal exploité (Cameron Diaz voyant sa vie comme une bande-annonce dans les moments de crise), sans compter Eli Wallach (91 ans, bon pied bon oeil) qui nous la joue émotion (c'est plutôt réussi). Tout bien considéré, ça fait assez peu sur 138 minutes de romance scrogneugneu sans doute écrites à l'aide d'un logiciel de soutien pour scénaristes déficients (Nancy Meyers : au secours !). Sinon, Kate Winslet est magnifique (elle vibre comme pas une), Jude Law très professionnel (on jurerait Tony Curtis dans un Mulligan des années 60), Jack Black méritant (il évite le ridicule, ce qui n'était pas gagné), Cameron Diaz en perdition (nous n'épiloguerons pas). Peut-être serait-il temps, à Hollywood, de réduire la production pléthorique de comédies gnangnan fondées sur un "casting de rêve".

lundi 1 janvier 2007

Mes bonnes résolutions

* m'intéresser un peu plus au cinéma français (enfin, pas trop)
* regarder un peu moins les séries télé (donc, me coucher plus tôt)
* réduire ma consommation de navets (surtout en films d'horreur et en comédies - mais ça ne va pas être facile)
* regarder un peu moins les téléfilms américains (une vraie drogue)
* arrêter de fantasmer sur la première blonde qui passe (surtout quand c'est dans American pie)
* arrêter de fantasmer sur la première brute qui cogne (sauf Mickey Rourke que je garderai toujours dans mon coeur)
* réduire ma consommation de pornos (sauf ceux de Gerard Damiano, évidemment)
* arrêter de relire les chroniques cinéma de Jean-Patrick Manchette (ça ne me remet pas sur le droit chemin)
* arrêter de lire les chroniques cinéma de Bayon (pour la même raison)
* devenir un critique SERIEUX
* finir en vitesse mon bouquin sur les frères Farrelly