samedi 31 mars 2007

Le come-back (Marc Lawrence, 2007)

On peine pour Hugh & Drew, parce qu'après tout ils sont très bien, chacun dans son créneau : elle trognonne gentillette, lui mignon tristounet, face aux misères du monde hollywoodien. Leurs fans respectifs (qui sont nombreux), voire intersectifs (j'en fais partie), en écrasent, du chagrin bon marché. Seulement voilà (comme dirait l'autre), dans la vie y'a la pleurnichade mais y'a aussi l'art, et là d'art, que pouic... Argument ridicule, rebondissements narcoleptiques, filmage frontalement indigent, musique mégagnagna - Marc Lawrence, scénariste (?) et réalisateur (re-?) de piteuses bullockeries (les deux Miss Détective/Miss FBI, L'Amour sans préavis), se surpasse dans l'inanité filmique pour atrophiés du bulbe. Remboursez !

mardi 27 mars 2007

Stuart Rosenberg (1927-2007)

Sa mort (crise cardiaque le 15 mars dernier) risque de passer inaperçue et pourtant c'est toute ma jeunesse en images magnétiques : Paul Newman (brun bronzé) détalant le long d'une voie ferrée, Robert Redford en taule à Wakefield (Arkansas), les bleeding walls d'Amityville, la fragile Margot Kidder face aux miroirs obscurcis, Paul Newman (poivre et sel) dans la "piscine où l'on se noie", et même Joanne Woodward quand elle s'appelle Iris. Evidemment, on pourra objecter qu'il a commis de grosses radouilles (Le Voyage des damnés, Avec les compliments de Charlie, Six hommes pour sauver Harry, signé Alan Smithee), que sa carrière ne ressemble à rien (il s'en foutait), qu'il y avait surtout Don Siegel, Peckinpah, Clint Eastwood. Certes... Alors peut-être revoir W.U.S.A, un pamphlet sacrément torché, Le Pape de Greenwich Village (émouvant, et avec Mickey Rourke), enfin, très méconnu, ce sévère Flic ricanant (curieusement oublié par Philippe Garnier dans sa nécro pour Libération) où Walter Matthau, toujours inoubliable, composait une de ces sales figures cyniques dont la série B urbaine des seventies avait le secret ; récouter ses BO, qui pulsaient modern style, du Schifrin, Michael Small ou Grusin - le tough guy avait du goût. Que reste-t-il des mavericks ?

samedi 24 mars 2007

Contre-enquête (Franck Mancuso, 2007)

C'est un premier film mais auparavant, l'apprenti-réalisateur (ex-flic) a scénarisé Commissaire Moulin et Fargas (à la télé), ainsi que 36 Quai des Orfèvres (au cinéma). Territoire connu donc, du polar sec-beurre-cornichon, lequel nécessite, pour perdurer malgré les modes, la régénérescence de ses acteurs fétiches, d'ores et déjà Jean Dujardin qui, de Brice de Nice (guignolo) à OSS 117 (globe-trotter) en passant par cette variation molle néo-fritzlangienne (rayon L'invraisemblable vérité), se belmondise à vue d'oeil. Pour sauver la mise sans scène, il y a Laurent Lucas dans le rôle de Laurent Lucas (et il sait bougrement y faire, même en silence).

samedi 17 mars 2007

Le voile des illusions (John Curran, 2006)

Que voici un bon gros mélo, vrai de vrai avec tout pour plaire et pour pleurer, adapté à l'ancienne (après Garbo-Boleslawski en 1934) de Somerset Maugame (l'"écrivain pour dames"). Les bourgeoises frustrées londoniennes (double pléonasme) y fricotent illicite à même le baldaquin pendant que leur mari (ascétique, ténébreux) microscope moult microbes, l'adultère les rattrape et hop exit Big Ben pour la brousse via Shangai - la chromo ripoline : le vieux colonial alcoolique blasé (triple...) s'envoie une jeune niaque reconnaissante (parce que c'est un homme bon), le docteur cocufié reconquiert sa chérie en éradiquant le choléra (parce que...), les bonnes soeurs évangélisent, le militaire local roule des mines autochtones (pas gracieuses), la caméra inspirée glisse et reglisse sur la brume montagnarde, Alexandre Desplat (récent nominé aux Oscars) se prend pour Philip Glass période The Hours (B.O. Deutsche Gramophon). Seulement voilà, il y a Edward Norton, et là ce n'est pas rien : il survole cette bluette ampoulée comme un aigle une plantation de courges, incandescent, royal. Allez-y pour le voir, la fièvre chevillée au jeu, fatalement singulier.
P.S. : J'oubliais deux choses : l'héroïne se prénomme Kitty (joli corps harlequin de la pauvre Naomi Watts) ; quant à la Mère Supérieure, eh oui il s'agit bien de Diana Rigg, ce qui ne nous rajeunit pas ("Missize Peel, you're needed !").

mercredi 7 mars 2007

Scorpion (Julien Seri, 2007)

A la thaï Chok-Dee triomphe haut la mandale, le Scorpion Cornillac n'ayant pas cette épaisseur existentielle propre aux transes durringeriennes. Mais tout de même, notre Marius maso (de Fréjus) carbure fort au compteur du feeling, surtout lorsqu'une blonde Karole Rocher (chouchoute de la scénariste par ailleurs réalisatrice Sylvie Verheyde) lui fait face cabossée, derrière comptoir de boîte ou nocturne sur l'asphalte : les scènes sont belles, leurs faciès intérieurs, les voix justes et rugueuses. Le caracolant Seri, camera operator des fights yamakazis, sait filmer mieux qu'en France - avec un peu de bouteille, il finira aux States à embloquer Bruce Willis.

mardi 6 mars 2007

Portrait d'actrice

Mardi 13 mars à 20h30, dans le cadre des soirées mensuelles qu'elle organise au mk2 Quai de Seine, la revue Bref consacrera, en sa présence, une séance entière à la comédienne Jocelyne Desverchère.

Figure familière du court métrage français depuis près de 15 ans, Jocelyne Desverchère fut mise à l'honneur dans le dernier numéro de Bref, à travers un portrait, une carte blanche et un entretien.
La projection de mardi sera l'occasion de (re)découvrir six films marquants dans lesquels l'actrice s'illustra, à commencer par Une souris verte d'Orso Miret, court métrage d'une extraordinaire intensité qui révéla en Jocelyne Desverchère une actrice qui allait compter, accompagnant depuis les itinéraires de cinéastes qui nous sont chers.
Au programme également Bernard ou les apparitions d'Arnaud Larrieu (1992), Nos enfants de Siegrid Alnoy (1999), A tes amours d'Olivier Peyon (2000), La défaite du rouge-gorge de Valérie Mréjen (2001) et Week-end de Véro Kratzborn (2005).
Renseignements : 01 44 69 26 60

samedi 3 mars 2007

Ghost Rider (Mark Steven Johnson, 2007)

Avant tout, le produit se veut un malicieux hommage aux seventies (le comic d'origine date de 1972) et au cinéma américain populaire (= un rien bouseux) de l'époque : Hal Needham, Burt Reynolds, Bandit et C° - dans ces conditions, il est logique que les vaches meuglent quand les amoureux s'embrassent. Le personnage du Motard (et celui de son père) est travaillé façon Evel Knievel, Eva Mendes joue sa Sally Fields, roploplos en avant, la supporting cast nous la fait post-moderne, entre Mr Easy Rider (Peter Fonda, croquignolet) relooké Mephisto et Sam Elliott (ancien Knievel de 1974 - on apprécie le clin) en spectre westernide. Bref, Mark Steven Johnson infrafilme pour les cinéphiles quinquagénaires (dont nous sommes, attendris). A part ça ? Eh bien oui, c'est plutôt débilou, ça manque singulièrement de rythme (de scénario aussi, quand on y pense), Nicolas Cage sailoretlulahise de plus belle, face à la caméra, doigt accusateur et cris y afférant, bovin juste ce qu'il faut donc assez pathétique. Daredevil II, en somme...