samedi 21 avril 2007

Les Châtiments (Stephen Hopkins, 2007)

Il en faut de temps en temps, quand on est tout flapi de toujours cogiter, simplement flagada, vague à l'âme surmenage, oui, on ne le dira jamais assez, il en faut c'est salutaire, des mégananars pour nos nerfs. Ceci étant, le mégananar n'est pas simple nanar, on lui en réclame beaucoup, il doit fournir un max.

1°) un acteur très très nul (Keanu Reeves dans Constantine, Brendan Fraser dans La Momie, Christophe Lambert).

2°) un scénario crétin, des rebondissements neuneu, de grandes démonstrations pour justifier tout ça (la science, une malédiction ancestrale, Lucifer).

3°) des effets spéciaux rigolos, si possible laids et ringards, durant lesquels les protagonistes interdits roulent des yeux en billes de loto.

4°) une musique adéquate, une caméra lyrique, virevoltante, du suspense cafouilleux (moins ça marche, plus ça marche).

5°) un dénouement qu'on a deviné depuis la première bobine, mais qu'on vous explique avec moult sidérants flashes-back.

6°) un générique de cinq à dix minutes, car, croyez-le, ça demande du boulot.

Hier après-midi, j'étais bien tristounet, je suis allé voir Les Châtiments de Stephen "Lost in Space" Hopkins, on y croisait Hilary Swank en Missize (Indiana) Jones travelo, une horrible secte satanique, un ange blond tombé du ciel (avec l'aide de Dieu), de méchantes plaies bibliques (rivière de sang, crapauds oedémiques, vaches folles furibardes, insectes et mouches instantanés, sauterelles en folie, pustules et gros bubons, éclairs et boules de feu), puis la belle Hilary (si j'ai vraiment pigé) se faisait engrosser par mégarde pour porter l'Antéchrist. En sortant, j'avais retrouvé la forme.

jeudi 19 avril 2007

Age Difficile Obscur (Mike Mills, 2004)

Sur www.humans.jp, vous pouvez découvrir les produits (posters, tee-shirts, objets, etc.) conçus et commercialisés par l'artiste au Japon, car Mike Mills est avant tout un designer et plasticien extrêmement créatif, doublé d’un grand amateur de pop moderne (il a réalisé des clips pour Air, Pulp et Moby). Son unique long métrage, Age Difficile Obscur (Thumbsucker), qui vient de sortir directement (et tardivement) en DVD, est une petite merveille de délicatesse et d'inventivité visuelle, dans le registre très contemporain des comédies existentielles dépressives (Outside Providence, Ghost World, Garden State, etc.) mettant en scène un adolescent out of tune (le "suceur de pouce" du titre original) qui tente d'y voir clair dans le chaos du monde adulte et des grands sentiments. Humour acerbe et spleen décoratif, B.O. souveraine (Elliott Smith et consorts), acteurs abandonnés (Vincent D'Onofrio, impressionnant d'introversion, Keanu Reeves, délicieusement décalé, Vince Vaughn comme on le voit peu) - encore un fameux inédit à ne pas laisser passer.

samedi 14 avril 2007

Norbit (Brian Robbins, 2007)

On sait bien qu'Eddie Murphy peut être grand (sa récente prestation dans Dreamgirls, ses plus anciennes chez Landis), on sait moins que Brian Robbins peut être bon (l'émouvant American boys, Ready to rumble, épatant petit film de catch) ; nous avons donc affaire, comme disent les amerlauds, à du "pure garbage", pipicacaboudin yoplaboum et vas-y que j't'y pète. Le spectacle est d'une consternation totale, régressif, insoutenable, les acteurs dégoulinent (Eddie Griffin en énième blackmac échappé de Deuce Bigalow, Murphy indescriptible), les situations crapotent, les dialogues... (quels dialogues ?). Enfin bref cette fois-ci, Stéphane Kahn va se fâcher.

samedi 7 avril 2007

Hell Phone (James Huth, 2007)

Ce n'est pas la Mort qui mène le jeu, mais la destination s'avère bel bien finale, l'équarrissage extravagant (fun et groovy) : on pane sans trépaner, on crame au bec Bunsen, on tronçonne on brochette, ça scrime dans tous les coins. Après les gondolants Serial Lover et Brice de Nice, James Huth confirme l'efficacité de ses dialogues, la maîtrise de son rythme, et aligne les trouvailles, comme pompon le poids lourd "FUMER TUE" qui écrabouille un ado et sa clope ; bête, laid, vulgaire - culte, quoi ! (et je crois que j'ai vu un Dujardin).