Disons-le, ce bien nommé Tim Story vient de concrétiser l'un des fantasmes ultimes, longuement suspendu, de l'ado seventies à tendance narcissique : visualiser sur pellicule dans un vrai film de genre (pas un cartoon, mister) la silhouette pathétique du grand Surfer d'Argent, le seul héros Marvel à unir Stan Lee et Shakespeare, le comic populo et la Tragédie Grecque. De ça on est reconnaissant, oh combien bouleversé, merci Tim, c'est un peu comme du Proust à Cabourg. Après, évidemment, numérique un rien cheap, il nous la porte assez plastoc et sa liquidité n'égale pas celle du T1000 anti-Schwarzenegger - il a dû manquer quelques kopecks et un bon designer. Heureusement, FF2 ne la joue pas pétarade, mais plutôt intimiste ; vous verrez comme ce film censé plaire aux sniffeurs de popcorn dilapide sa durée à explorer les frustrations casanières de la famille Richards dont on comprend vite que les tongs-barbecue leur excite l'hypophyse. Résultat incongru : un blockbuster très triste où l'on pleure pour des freaks privés de charentaises. Etonnant, non ?