dimanche 30 septembre 2007

Hairspray (Adam Shankman, 2007)

Danseur réputé et chorégraphe pour Spielberg, De Palma, Mike Mitchell ou les Farrelly (Bonnie & Clyde : The Musical à la fin de Deux en un, c'était lui), Shankman était tout indiqué pour remaker façon Broadway le délire excentrico-rocanrol du gracieux John Waters (dont on appréciera au passage le cameo hitchcockien en pervers pépère imperméabilisé). Le résultat (vraie surprise) se révèle revigorant, classieux et franchement euphorique. Hors de toute préoccupation subversive (ce qui n'est pas plus mal car on peut douter qu'il soit fait pour ça), le cinéaste déchaîné s'ébaudit joyeusement dans l'entertainment bien calé, bien joué (ah Travolta, ah Christopher, ah quand ils dansent tous les deux leur sérénade d'amour), voire un soupçon caustique, dans la grande tradition "on vous distrait avec intelligence". Ne renâclons donc pas (on se surprendrait presque à taper du talon, le coeur émoustillé) devant ce pur produit du savoir-faire hollywoodien, ringard futile aimable, car enveloppé dans du papier de soie (j'allais oublier Michelle qui me fait toujours autant d'effet, même sans les Baker Boys).

jeudi 6 septembre 2007

Evan Tout Puissant (Tom Shadyac, 2007)

On a beau apprécier le tandem Shadyac (réalisateur) / Oedekerk (scénariste) qui nous livra jadis l'inquiétant Menteur, menteur et les deux prestations animalistes de l'as Ventura, force est de déplorer qu'ils fatiguent et que même si les séquences bestioliformes sont assez rigolotes, ils pourraient se fouler un peu plus question cinéma. Programme minimum donc, pour cette fantaisie biblico-quincaillière dont le principal mérite est de permettre à Steve Carell d'accéder définitivement aux premiers rôles populaires, mais dans quelles conditions... Ce nonobstant, les petits chimpanzés sont très bien (ainsi que les hyènes - mon animal préféré).

mercredi 5 septembre 2007

Quand Chuck rencontre Larry (Dennis Dugan, 2007)

Avant le retour proche des vrais cadors de la comédie américaine (Apatow en octobre, les Farrelly en novembre, Wes Anderson début 2008), voici notre Sandler estival, ni bon ni même mauvais car confié au pataud Dennis Dugan, un habitué (Big Daddy, Happy Gilmore) d'Adam et de ses fidèles potes (Buscemi, Rob Schneider). Rien de bien nouveau donc, si ce n'est un scénario (co-écrit par Alexander Payne, ce qui surprend un peu) plus subtil qu'il n'y paraît, laissant la part belle aux hébétudes sandleriennes que nous apprécions tant, grimé en Dracula queer ou ballant face à l'amour (quel acteur émouvant). Ving Rhames est du tonnerre en mastard tartignolle et, bon sang, il y a aussi Richard Chamberlain, plus suivez-moi-jeune-homme que jamais. Bref, malgré ma solitude de spectateur unique (les foules sont au Surfer), j'ai frétillé du cil devant tant de futile prodigalité. Incorrigible...

Disparition d'Ali

La plupart d'entre nous ne le connaiss(ai)ent sans doute pas. Pour beaucoup depuis quelques jours donc, une victime anonyme, parmi (tant) d'autres. Pourtant, bien au-delà du fait divers, sa mort émeut. Ali Zebboudj, l'épicier qui illuminait tant à lui seul le documentaire de Chantal Briet voilà quelques mois, est décédé. Assasiné dans de sordides circonstances. Autour de lui (de son absence) à Epinay-sur-Seine, combien d'inconsolables, eux aussi anonymes, le pleureront? Pour tous ceux qui n'étaient allé à sa rencontre lors de la sortie du film Alimention générale [1], combien craindront (comme impudiques) de ne pouvoir maintenant voir ce doc' sans l'ombre de sa disparition au-dessus de l'écran? Mais, si "chaque mort qui nous arrive [...] alimentée par la source, le torrent, des autres morts" (pensons aux autres 'disparus' récents du cinéma) ravive en nous "le sentiment de l'irremplaçable" [2], n'est-ce pas aussi l'occasion, parfois, de se rappeler du pouvoir de consolation du cinéma à nous faire oublier les pertes, le temps d'une projection, où les déserts du deuil se remplissent de vie ressuscitée en images animées...

[1] Retrouvez la critique du film sur OC: http://www.objectif-cinema.com/spip.php?article4348
[2] Propos empruntés à Hélène Cixous et cités dans l'article "A l'ami, à la mort" (in "Portrait", Libération, samedi 11 juillet 2007)