Si quelque cinéphile un brin toqué s'avisait à s'enquiller sans ciller Les Accusés, Catchfire, Le Silence des agneaux, Nell, Panic Room et A vif en une seule nuit d'orgie celluloïde, il décernerait sans coup férir à notre brave Jodie la cravache d'or de la plus grande actrice SM de toute l'histoire du cinéma. Car de nouveau, et pire que jamais, c'est la peau martyrisée de cette actrice maudite (bleuie, scarifiée, éperdue) qui s'expose à nos yeux, ainsi que les stigmates (mains creusées profil bas riduleux) du temps qui joue la montre. Hormis l'esthétique mortifère dont se pare l'héroïne (plus Stallone que Bronson), le produit, bien piteux car loin des transcendances arty d'un Abel (Ferrara) ou du cynisme cracra (donc troublant) des William (Lustig) et autres Joseph (Zito), suit scrupuleusement la dramaturgie basique d'un vigilante movie sans grande innovation ni volonté d'auteur (mais où est donc Neil Jordan ?), se vautrant dans le stéréotype jusqu'à extinction des feux, fin ouverte vers sequel (avec ou sans Foster). Pas si grave (encore que...), puisqu'on aura admiré deux heures durant le rendu des raclées sur l'épiderme d'une star.