Le très attendu Apatow2 (moins existentiellement épais que 40 ans, toujours puceau, mais presque aussi intelligemment burlesque) aura eu le mérite de raviver, le temps d'une revue de presse hexagonale, l'extraordinaire cacophonie critique (proche d'une certaine schizophrénie grotesque) qui préside encore à l'avènement périodique des "comédies américaines d'auteur" à fort potentiel neuronal. D'un côté ceux qui perçoivent illico les enjeux du schmilblic (« Apatow s’impose comme l’auteur comique américain le plus personnel et attachant apparu depuis les Farrelly et Ben Stiller » – Julien Gester dans Les Inrockuptibles, lequel évoque, à juste titre, un mélange de « tissu burlesque, saillies conceptuelles et trouées de gravité »), de l’autre les fabricants d’amalgames qui ne voient pas plus loin que le bout de leur (sale) stylo et accouchent d’une prose inepte, outrageusement injurieuse : « 2h10 de bien-pensance US sur la jute école American Pie / XXL (…), d’une saleté et d’un ennui sans nom. Que fait la censure de livrer notre marché en poubelle à semblables déjections ? » (Bayon dans Libération – on voit bien que la route est longue)... Pour notre part et en ce qui nous concerne, nous sommes vraiment sensibles à cette cartographie méthodique de la planète "nerds, freaks & geeks" que l'auteur s'obstine à peaufiner depuis bientôt 8 ans, offrant au spectateur ébahi une nouvelle variation sur l'autisme contemporain digne (comme par hasard) des meilleurs Farrelly. Décidément, un peu de discernement s'impose !