mercredi 7 mai 2008

27 robes (Anne Fletcher, 2008)

Presque un siècle de comédies, ça vous donne du tonus. Ici rien d'original et pourtant tout fonctionne, romance, burlesque, paillettes, Katherine Heigl (formidable), Malin Akerman (après Mon comeback et les Farrelly, grande actrice masochiste), le karaoké Elton John, la lumière du Rhode Island. Ne boudons pas notre plaisir face à la légèreté : prise de tête minimale, mais du coeur à l'ouvrage, on ressort reposé (la qualité US, un rien républicaine).

Passe-passe (Tonie Marshall, 2008)

Notre Marshall nationale (ni Penny, ni Garry) n'a franchement rien à envier à ses homonymes amerlauds (Ecarts de conduite ou Pretty woman en lice), puisqu'elle fait, à leur image, du bon cinéma pop, bien plan-plan quoique ficelé à l'ancienne. Peu de surprises, donc (laissons-les à Gondry, voire James Huth), mais quelques beaux moments de cinéma suspendu, ça s'agite puis se calme, le tout favorisé par Miss Baye toujours triste et l'ami Baer qui assure en clown blanc. C'est filmé (contrairement aux chtimis), photo clean et sentiments profonds - le spectateur laisse couler, adhérant au tempo, tranquillement (la qualité française, un rien mitterrandienne).

vendredi 2 mai 2008

Iron Man (John Favreau, 2008)

La trouvaille (qui démarque Iron de Super, Spider, Bat et les X), c'est évidemment le casting, Robert Downey Jr. incarnant sans efforts la coolitude groovy un rien hype, ce qui sied à merveille aux super-héros pop et évite les tourments pour produire du vrai fun. Heureusement qu'on rit (le gag du cheeseburger ou la séquence réellement porno - cronenbergienne ? - de la pénétration thoracique par les mimines manucurées de Gwyneth), car l'ensemble s'avère plutôt facho et anti-arabique (hello Sayed Badreya, far from the Farrelly). L'officialisation du SHIELD à la dernière bobine laisse augurer d'un Iron2 empli de patriotes - Cap Am et Nick Fury ; ça va déménager.

jeudi 1 mai 2008

Les randonneurs à Saint-Tropez (Philippe Harel, 2007)

Non, ce n'est pas la bouse que nos bons gros critiques (Libélobstéléramaetc) fustigent, du caca dans les yeux et les neurones en rade. Au contraire, le point de vue harellien se déploie toujours ferme, blingbling et tchakapoum, dans l'atonie totale car croquant le Néant - désolé, Messieurs, mais les références Schopenhauer-Jean-Sol Partre ne sont pas si gratuites ; il ne manque que Cioran. Pour les amateurs d'analyses interfilmiques (mon collègue Jacky Goldberg ?), réfléchir à une mise en synergie avec Les Femmes de ses rêves (dernier must farrellien). Cabo San Lucas/StTrop : même combat pathétique.

Le dragon des mers (Jay Russell, 2007)

Il faut y aller avec des gosses pour supporter rythme et sentiments mous, car, pur chromo familial (bravo l'Ecosse : photogénique !), l'histoire est languissante, les bons bons et les méchants méchants. Dans ce loch de doux ennui, il y a pourtant de beaux acteurs (Emily Watson de plus en plus marquée, donc émouvante ; Ben Chaplin, spécimen übersex de ténébreux pas causant ; le très grand Brian Cox) qui s'efforcent, contre tanks et canons, de sauver Nessie comme jadis Willy l'orque énervant, dont ils (les mini-raconteurs) ont éhontément pompé quelques rebonds scénaristiques ("Allez, Willy, saute !"). Le film trouve son public et nous la somnolence.