mardi 24 juin 2008

Sans Sarah, rien ne va (Nicholas Stoller, 2008)

Apatow, lui, ne s'égare pas. Au contraire, il fait feu de tout film, chacun avec son ton, mais fort reconnaissable. En moins d'une décennie, il aura imposé ses style et univers, écrit, produit, filmé, c'est kif-kif, du pur jus Apatow. Après l'hystérie superbad, la franche mélancolie, sous Hawaii et ses tongs, une belle comédie triste où les dadais à poil, quéquette ras la serviette, encaissent sans grand courage la féminité brute. Ils pleurent comme des madeleines, se saoulent de lourds flashes-back, survivant au présent. Malgré ça, quelle drôlerie - il faut être bien bas pour rire entre les larmes. On ne saurait trop conseiller de se laisser ébaudir.

dimanche 15 juin 2008

Las Vegas 21 (Robert Luketic, 2008)

A vrai dire, Luketic s'égare un peu. Il n'a jamais atteint des sommets, mais ses petits films stylés (La Blonde, La Belle-Mère et surtout Rendez-vous avec une star, son meilleur) portraituraient gentiment l'univers lamentable des parvenus - c'était plutôt bien vu. Là, et malgré Kate Bosworth (la Rosalee de Tad), voire le jeune Jim Sturgess, excellent car profond, le produit s'éternise dans un Vegas chromo dont on a cinq mille fois contemplé les jets d'eau et maté les néons. Lui qui sait pétiller nous fait souvent languir ; on frise le nanar mou (heureusement qu'il y a la belle photo de Russell Carpenter, toujours irréprochable).

vendredi 13 juin 2008

Phénomènes (M. Night Shyamalan, 2008)

Envers et contre tout, on aime beaucoup Shyamalan, pur réalisateur qui fait des films éblouissants d'images. Phénomènes ne faillit pas à la règle. C'est même une forme aiguë de quintessence shyamalienne, synthèse magnifique où un simple gimmick (les plantes en ont ras la racine) suscite moult variations romero-hitchcockiennes d'une beauté sidérante, quasi abstraite et chargée d'émotion primale. Les mises en scène de suicides, visuellement renversantes, le filmage de la nature qui bruit, tactile, presque sensuel, élaborent une allégorie existentielle prégnante, dont le spectateur ne peut qu'éprouver la sombre fatalité. Et pour ceux qui persistent à dire que l'auteur ne prend pas assez de distance avec son matériau, on recommandera la séquence magistrale de la "plante en plastique", sur laquelle il serait bon de gloser quelque peu. En bref comme en mille lignes, un vrai livre s'impose.

vendredi 6 juin 2008

Admis à tout prix (Steve Pink, 2006)

Les comédies américaines modernes continuent à alimenter le direct to DVD et celle-ci vaut le détour (c'est souvent le cas - voir Mike Mills, Mike Mitchell, Adam McKay) car joliment déviante façon Dante-Arkush dans les seventies (Rock'n'Roll High School). L'hymne ramonien du Blitzkrieg Bop résonnant dans la fac galvanisée n'est d'ailleurs pas un hasard et Steve Pink (nouveau venu) occupe d'emblée une place de choix entre les Apatow/Mottola, nos Farrelly et la bande à Ferrell, l'invraisemblance absolue du scénario (on ne peut guère faire pire) ajoutant encore à l'absurdité ambiante, pure bêtise qui déchire. Comme d'habitude, la new wave des freaks & geeks (dont l'immense Jonah Hill, juste avant SuperGrave, et Justin Long, curieux mix destroyé de Seth Green et Dylan McDermott) parade en idiotie, donc très poétiquement. On peut acheter le film 9 € chez Champion ou Carrefour, ce qui est en train de devenir un critère.