jeudi 31 juillet 2008

X Files - Régénération (Chris Carter, 2008)

En visionnant ce quasi-revival enneigé, asthénique et scénarisé à la Jesus Franco (c'est-à-dire conceptuel, sans histoire ni rebond), on est en droit de se demander quel enjeu y voit Chris et ce que le spectateur va y trouver. Certainement pas le blockbuster de l'été, encore moins son X Files. La vérité est donc ailleurs et au fil du métrage on comprend peu à peu qu'il s'agit de l'amour. Oui, l'amour : Mulder & Scully appariés dans des scènes magnifiques, près des corps et du temps qui ravage, leurs étreintes, les larmes, quelques baisers - tout ce que la série nous avait refusé et qui bouleverse ici, car l'ami Carter s'en contrefout du reste (les méchants, la terreur). Et l'on sent qu'il aime aussi, ses personnages, les revoir fatigués, les faire vivre amoureux - même Skinner, plus crâne d'oeuf que jamais, prend Mulder dans ses bras comme on berce un enfant... Romantiques for ever !

jeudi 24 juillet 2008

Harold & Kumar s'évadent de Guantanamo (Jon Hurwitz & Hayden Schlossberg, 2008)

H & K opus 2 ou comme quoi, un vrai cinéaste à la barre, ça peut aider. Danny Leiner (celui du grandiose Eh mec, elle est où ma caisse ?) ayant déclaré forfait, ce sont les deux scénaristes fondateurs qui s'y collent - résultat : le film se traîne d'un mini-sketch à l'autre (le détournement d'avion fantasmé par des américains bon teint, l'emprisonnement éclair à Cuba, la parodie gore de Wes Craven, la "méga-teuf" du Klu-Klux-Klan, etc.), toutes idées plutôt bonnes (voire franchement drôles) gâchées par l'inanité d'une forme visuelle élémentaire et l'absence complète d'enchaînements créatifs. Restent l'esprit, toujours iconoclaste, politiquement sympathique, et la participation débridée de Rob Corddry en roue libre, c'est-à-dire inénarrable. Mais nous savons bien qu'en matière de comédie burlesque, tout réside dans la mise en scène et l'élégance du rythme.

vendredi 18 juillet 2008

Hancock (Peter Berg, 2008)

Au delà du trash (modéré), de la tchatche (rigolote), un blockbuster vraiment zarbi car troué de toutes parts. Troué dans son montage que gangrène une foultitude de plans sombres, intérieurs, où Will Smith, grand corps flasque en souffrance, occupe la caméra suspendue à ses affres, avide d'abstraction psy. Ces moments d'hébétude fort nombreux (au point d'inquiéter les mouflets dans les salles), le réalisme des turpitudes aussi, offrent à nos coeurs la vraie matière du film, résolument existentielle. Après les FF en charentaises et autres has been de Sky High, nos super-héros modernes se la jouent sartrien (l'Enfer, c'est les humains).

samedi 12 juillet 2008

Dying God (Fabrice Lambot, 2008)

Vous ne le trouverez qu'en kiosque, rayon gore et sous blister, à l'enseigne Néo Publishing (la jolie tête de mort). C'est le Kurupi, espèce de dieu amazonien looké façon Swamp Thing qui, avant d'expirer, se doit d'ensemencer une gironde bien féconde avec son gros zgeg de deux mètres de long. C'est la première série Z de l'ami Lambot (produite par Jean-Pierre Putters et sa société Métaluna), tournée en HD à BuenosseAiresse en 22 jours, avec une flopée de scream queens autochtones, une bien jolie française (Agathe de la Boulaye), l'illinoise Erin Brown (a.k.a Misty Mundae, starlette du cavalage) et l'increvable Lance Henriksen, ici paraplégique mais toujours très hard-boiled. Croisement incongru entre le Quetzalcoatl de Larry Cohen et le Manitou de William Girdler, maquillé Wes Craven et massacrant giallo, ce "godemiché mourant" (dixit JPP) ne cherche pas à être ce qu'il n'est pas mais s'affirme tel qu'il est : cheap et choc, glauque et trash, Lustig à la française, cormanien quotidien - du nanan pour happy few (il ne manque que Tony Curtis).