mercredi 26 novembre 2008

Versus chez votre libraire.

Une nouvelle revue de cinéma vient de paraître dans les kiosques. Nouvelle? Pas tout a fait. Suivant la trace de certains prédécesseurs (on pense à la revue Positif) VERSUS, d'abord confidentiel, essaie de passer à l'étape supérieure. Nombreux magasines de cinoch ne furent à leurs débuts qu'un noyau dur de passionnés. Gance, Boukhrief de Starfix commencérent à coup de fanzines. Truffaut écrivait les présentations de son ciné-club- Cinémane - avant de collaborer avec Bazin, Doniol-Valcroz et les jeunes turcs. On souhaite donc longue vie à cette équipe!

Lorsqu'on s'est contacté la derniére fois tu n'étais pas trés optimiste quand à l'avenir de la revue? Peux tu nous en parler ?

Stephane Ledien, rédacteur en chef : VERSUS existe depuis maintenant plus de 6 ans et demi. Et devrait exister encore longtemps j'espère ! Nous sommes un tout petit éditeur de presse, statut associatif. Donc nos moyens de fonctionnement sont assez modestes. Valérie, mon associée, et moi-même, nous partageons les responsabilités de gestion, sachant que je m'occupe de l'éditorial, des relations presse et de la conception graphique du titre, en plus d'écrire des articles. Pour le reste c'est elle la patronne ;-)
Le premier numéro est paru en avril 2002. Aujourd'hui, nous passons un cap en termes de tirage (8000 ex) et surtout en termes de diffusion puisque nous sortons du cadre confidentiel du réseau de librairies spécialisées (où nous sommes toujours en vente), pour être aussi disponibles en kiosques et librairies-presse. Le contexte est difficile mais pour exister, il faut grandir ou au moins tenter de. Et cela, même si notre tirage correspond sur ce marché à un tout petit volume. 8000 exemplaires dans toute la France, ça permet d'être distribué un peu partout... mais pas exactement partout ! Selon les ventes, nous verrons si nous maintenons ce cap ; si c'est la catastrophe, ce sera un retour à la case "petit tirage", limite 200 ou 300 exemplaires !

Vous etes engagés dans la diffusion de fanzines ou de parutions indépendantes? Peux-tu nous parler de ce travail au côté de Sin art?

S.L : Oui, nous avons appelé cette entité (c'est juste une dénomination officieuse) "Versus Diffusion". L'idée est de faire profiter du petit réseau de points de vente et librairies que nous avons constitué par nos propres prospections (aucun diffuseur "librairies" ne voulait de nous et c'est pareil pour les zines), toutes les publications alternatives ayant quelque chose à dire "d'engagé" sur le cinéma, surtout de genre. Et qui, accessoirement, présentent une qualité formelle indéniable : des titres de presse ou des ouvrages finalement très pro, mais qui n'ont pas le carnet d'adresses nécessaire à une diffusion conséquente. Nous n'avons pas des centaines de ressources nous non plus, mais nous sommes suffisamment organisés pour démarcher des dizaines de librairies partout en France, en parallèle de notre activité d'éditeur de VERSUS. Notre activité diffusion est mineure, c'est vrai. La faute, aussi, à un manque de temps et à un contexte difficile, car les libraires même bien intentionnés ne vendent pas autant qu'autrefois, hélas. Les gens achètent moins de revues cinématographiques qu'auparavant, c'est un fait. Mais il faut résister. "Versus diffusion", à l'image de la revue d'ailleurs, c'est cela : un mouvement de résistance.

Quels sont les futurs projets?

S.L : Assurer notre développement, pérenniser le titre VERSUS bien sûr. L'idée serait de rester en kiosques coûte que coûte et de monter en puissance si les volume des ventes le permettent et incitent à. En tout cas, nous tenons à renforcer notre position, notre différence, en restant analytiques, discursifs et très exigeants, autant sur la forme que sur le fond. Si nous ne vendons pas assez en kiosques ? On reviendra à notre premier schéma de ventes. Jusqu'à ce qu'on puisse à noueau investir les kiosques. Mais le nerf de la guerre, il ne faut pas se le cacher, c'est l'argent : sans subventions, sans recettes publicitaires ou si peu, sans trésorerie conséquente d'avance, tu ne peux pas sortir un magazine à 10 000 ou 20 000 exemplaires. Aucun imprimeur ne te suivra. Et ça n'est pas en vendant 100 exemplaires à 4 euros dans 30 librairies que tu pourras te développer. Il n'y a pas de solution autre que celle du grand plongeon avec un brin de chance et un brin de folie. Pour la diffusion, un renforcement de cette activité n'est pas exclu, mais ça ne sera jamais une diffusion à grande échelle. En plus, beaucoup de librairies arrêtent le dépôt-vente de revues. Qui vivra lira !

Plus d'information et abonnement sur: http://www.versusmag.fr

dimanche 23 novembre 2008

JEUDI CARRE BLANC

A l'occasion du quarantiéme anniversaire du tournage de Flesh, Ciné Cinéma Club vous présente jeudi 27 à partir de 19h45 une soirée Paul Morissey.





LUNDI CINE CINEMA

La France est belle. Belle de certaines heures glorieuses. Si il est mal venu de venir juger l'histoire alors quels peuvent être les mots pour définir cette immense arnaque. Il n'y a pas a fanfaronner. Et que sait-on vraiment du passé des nôtres? Je prête au Chagrin et a la Pitié, de Marcel Ophuls, la jouissance de m'avoir rendu moins ignorant. "Rien n'est unilatéral" martelé Jean François Tarnowski, professeur de mise en scène génial. Il y a dans la nuit de l'histoire toutes les contradictions in-imag-inables. Bien que furent filmés (archivés) les camps.

Alors que je dejeunais avec des cousins éloignés, et âgés, de la famille, je fus pris de court quant à la répartie. La France était pétainiste.. dans les grandes lignes. L’antisémitisme était monnaie courante, il y avait eu Blum, il y avait eu Dreyfus. Et notre belle nation s’arrangeait ainsi. Au cours de ce repas j’affirmais que bien que cette idée fut à cette époque dans l’air du temps et qu’il était difficile d’en apprécier tout les tenants et les aboutissants, la vérité des camps de concentration faisait qu’une remise en question nécessaire avait été fortement conseillée. J’étais prudent. Du loin de mes années 80 je n’avais qu’une connaissance partielle, au travers de films et de livres, de la période concernée. Je m’entendis répondre avec esclandre: « Mais qu’es ce que les socialo-communistes, n’es ce pas, vous enseignent!! » « Il n’ y a jamais eu de camps de concentration en France». Nous étions en novembre 2008, autour d’un délicieux dessert, que mon journal indique comme étant un carpaccio de pêches aux pétales de roses cristallisées, et je pensais que l‘esprit cartésien, qui fait la noblesse de certaines âmes, pouvait se dispenser d’une contradiction obsessionnelle si tant il est vrai que comme le dit Alain: « Penser c’est dire non. ». Aussi, fort de cette affirmation, qui possédait en elle toutes les blessures d’une vie, je décidais d’acquiescer silencieusement et de m‘en remettre à l‘onctuosité du chocolat qui se voyait accompagner le café. Mauvaise foi ou incompréhension sémantique, il semble largement acquis que la solution finale, exterminatrice, n’avait pas posé le pied, en masse, sur le sol de la république, mais que cependant (on pense au camp de CONCENTRATION, et non d’EXTERMINATION, de Drancy) celui-ci y avait fortement, et de manière dégueulasse, participé. (A titre informatif: « 67 des 79 convois de déportés Juifs partiront de Drancy. D'où le surnom : antichambre de la mort. » in site mémorial du camp de Drancy.. en France. )
Vous vous interrogez peut être sur le sens de cette logorrhée en amont d‘un texte sur Marcel Dalio, et vous faites bien. Je vous répondrais que l’homme de Pépé le Moko ( alors honnête rival de Monsieur Gabin), acteur de La Grande illusion (Tiens donc!); La règle du Jeu (1939- Tout a été dit sur ce film, préfiguration de la guerre, antisémitisme et extermination latents, où Dalio n’est pas le véritable amphitryon libertin où l’on dîne!); que cet homme, donc, avait devant lui une formidable carrière, qu’il fut contraint avec sa femme à l’exil, où après de formidables péripéties via le Chili se retrouva à Hollywood. Qu’en plongeant dans la profondeur vertigineuse de sa filmographie américaine vous rencontrerez les plus grands: Stenberg, Curtiz, Hawks, Thorpe, Maté, Wilder, Welman, Fuller, Cukor.. Qu’a son retour en Europe il se trouva seul. Seul et peut être sans espoir. Toute sa famille ayant péri dans les camps nazis. Voilà ce que je vous répondrais.. que la France est belle de certaines heures glorieuses et qu’il est bon parfois de replonger dans la mécanique obscurantiste pour y mettre son grain de sable. Que n’ai je su cela lorsque Lycéen nous faisions un simili d’étude autour de Jean Renoir, l’éducation à l’image était alors à la mode, nos professeurs non formés (formatés) passaient à côté, bénéfissiant à mes yeux de la même consternation qu'une délégation européenne en corée du Nord prête à lacher, quasi- maniaquement, de la subvention démocrate. Aux sceptiques je concéderais que la connaissance n’a pas empêché à certains grands esprits de se fourvoyer (Céline, Drieu La Rochelle, Aragon.. le politiquement correcte et la prudence quant à mon ignorance laisse une liste non exhaustive). Aux autres j’en appellerais à leurs tripes, à leur infatigable passion, d’aller remuer les livres, les dictionnaires, les étymologies et les grimoires. Épuisez les notes, index, in folio, chronologies. Que le monde ne tende qu’en un seul point! Prêt à dégainer le premier! Implosif. Que l’élan d’une feuille dans un arbre nous mène à la connaissance du monde. Cosi fan tutte! Et de voir sans fin d‘invisibles merveilles!

Lundi 24, soirée Marcel Dalio sur Ciné Cinéma Classic: Les Pirates du Rail de Christian Jacques 1937, suivit de Les Maudits, René Clément- 1947.

lundi 17 novembre 2008

LUNDI CINE CINEMA

Ce vendredi 21 Ciné Cinéma Club nous propose de découvrir trois films d’Henri François Imbert. Qu’il est loin le temps où nous fantasmions devant les Cahiers et leurs exigences neurasthéniques.. et pourtant.. Plantés devant Doulaye ou Sur la Plage de Belfast, on se replonge avec intérét dans un cinéma de la lenteur, du détail. Ce qui nous conquis est peut être cette narration à la premiére personne. Sorte de journal intime du monde et de ses blessures. Car c’est toujours en cherchant le particulier (qui manque -t- sur la photo?) que l’on dé-couvre le général. Nous individus, à jamais emportés par le souffle de l’Histoire. Ne laissez rien traîner! Jamais! Une chaussette, une carte postale ou un film super 8 et Docteur Imbert, en manque de psychanalyse, reviendra vous trouver. Il y a chez Imbert un côté "Columbo à la recherche du temps perdu". Sur la plage de Belfast, 1996, un jeune réalisateur trouve un film de famille en super 8 datant des années 80. Il décide de retrouver ses protagonistes pour leur remettre le film. De nombreuses fois récompensé en festival. No Pasaran Album souvenir, 2003, le documentariste part à la recherche d’une carte postale manquante, sur le traces de la guerre civile espagnole. Doulaye ou la saison des pluies, 1999, Henri François Imbert, enfant, joué sur les genoux de Doulaye, cet ami Malien de la famille. Qu’est-il devenu aprés 20 ans? Est-il encore en vie? Que sont devenues les parties de chasse autrefois évoquées? Réponse lundi à Bamako.

mercredi 12 novembre 2008

CENTENAIRE DE LA MUSIQUE DE FILM

Cette année les 3éme Rencontres Cinématographiques de Dijon fêtaient le centenaire de la musique de film: 1908/2008. Pour cela Gréco Casadesus, connu pour son travail de production sur plus de 200 œuvres classiques (Rostropovitch, Bernstein, Georges Prêtre), mettait en musique un concert d’images inédit: 7 mouvements de vie. Inspiré de l’œuvre d’Etienne Jules Marey cette soirée permettait de savoir si le pére scientifique du cinématographe n'en était pas également le pére artistique? Connu pour son analyse du mouvement image par image avec le canon photographique mais aussi par l'invention d'une caméra suceptible de capter 100 images par seconde (1888 !!) son travail, où existent déjà le probléme de la mise en scéne et de la représentation, devance le Futurisme et influence directement le Nu Descendant l'Escalier de Marcel Duchamp en 1912. Qu'es ce que voir en 1880? Réponse sous les archets de l'Orchestre de la Camerata de Bourgogne, disponible bientôt en DVD.

mardi 11 novembre 2008

LUNDI CINE CINEMA

Tous les lundis soirs retrouvez une soirée thématique sur la chaîne câblée.

La soirée Gillo Pontecorvo le lundi 17 Novembre à partir de 20h45 sur Ciné Cinéma Classic vous permettra de découvrir un cinéaste aux multiples visages. Frère d’un quasi- Nobel et d’un éminent scientifique nucléaire (Bruno Pontecorvo), la place au sein de sa famille – ou de la société- ne put se faire que par le courage, l’excellence et donc un peu d’inconscience. Acteur de la résistance italienne ou cinéaste engagé tendance communiste, Gillo s’est lancé dans une vie épique le sourire aux lèvres. Au travers Kapo de 1960 (qui inspira la célèbre sentence de Godart : "le travelling est une affaire de morale" ) ou La Bataille d’Alger, superbe spectacle, où règne selon les mots du réalisateur: "la dictature de la vérité" vous serez amène de faire lumière sur un grand réalisateur italien. Lumière soigneusement propagée au travers de Gillo, le Donne, i Cavalier, l’Armi, Gli Amori, documentaire riche et séduisant où l’on découvre un autodidacte amoureux des femmes et de la vie.

Pour en savoir plus: http://www.objectif-cinema.com/interviews/322.php

mardi 4 novembre 2008

Quantum of solace (Marc Forster, 2008)

Un beau titre poétique pour un film bien brutal - voici le paradoxe du 007 nioulouque, qui ratisse intello (sombre, introspectif) en sulfatant sévère, qui lorgne sur De Palma en se la jouant Tsui Hark (celui de Double Team). Il résulte du concept un produit indéniablement contemporain, c'est-à-dire facho jusqu'au trognon mais fun et fort sexué (Mad Movies dirait burné) dont l'audience multiplexe apprécie l'emballage, le cinéphile sans complexe la rouerie post-moderne. De facto, on nourrit les héros qu'on mérite (en ces temps moyenâgeux).