dimanche 29 mars 2009

LILIOM (..

France, 1934. Friz Lang le cinéaste de l'affirmation laisse derrière lui un monde: 2 femmes, un meurtre et un œuvre. Réfugié à Paris, le temps d'un transit vers les Etats-Unis, il fuit le nazisme. Le Reich voulant faire de lui un outil de propagande. Lang s'effraie. Ses films étaient-ils trop grandiloquents ? Affirmés ? Expressionnistes ? C’est dans ces conditions et questionnements que se fait son séjour en France, et qu’il retrouve une vieille connaissance : Eric Pommer. Producteur associé de ses débuts qui lui propose de réaliser un film. Ce sera Liliom : « la parenthèse française » selon Lotte Eisner. Un film médiocre selon d’autres.

L’affaire est en réalité beaucoup moins simple qu’il n’y paraît. Derrière un scénario étrange et parfois décousu il y a en fait une œuvre majeure. D’un point de vue filmographique Liliom est la clef de voûte du cinéma Langien. Il y a dans cette période une césure forte et immuable. En effet, le cinéma de Lang va se polir, s’adoucir, progressivement de par sa forme. Les décors seront de plus en plus nus. Les éclairages réalistes. Voyez Fury (1936), J’ai le droit de vivre (1937). L’ange des maudits (1951). Voyez comme la colère se canalise avec l’âge. L’expérience. La sagesse.

D’un point de vue historique il y a l’invention du réalisme poétique français. Rien que ça. Faut-pas être taquin avec Fritz lorsqu’il est en vacances. Sinon il vous pond un courant cinématographique sur le champ. L’idée étant que le réalisme poétique français- Quais des Brumes, Les enfants du Paradis, l’Atalante- ce sont des films sociaux éclairés. En effet toute une vague de chefs opérateurs venus de l’est se retrouve en France avec son savoir faire. Scénaristes, dialoguistes français, éclairages allemand: sur les plateaux ce n'est pas la guerre.

Enfin d’un point de vue de cinéphile, Liliom regroupe assez d’étrangetés pour fasciner le plus intrépide des noctambule cinépathe : l’intervention d’Antonin Artaud en rémouleur mystique, la scène de l’ « immanence » et son traitement visuel magique, faisant passer l’ouverture de Citizen Kane pour du Straub en pleine montée de Prozac, et cette étonnante déclaration d’amour (ou d’impuissance) envers le cinéma, où peu avant la fin du film, Lang , par un procédé qu'il réutilisera dans son premier film américain- Fury- place la caméra à l'égale de Dieu- pleins pouvoir manipulateur ou rédempteur: le cinéma peut-il racheté la culpabilité d'un homme?

Liliom: une parenthése ouverte dans la longue nuit languienne !

samedi 4 Avril sur CineCinema CLASSIC

vendredi 6 mars 2009

Il était une fois André S. Labarthe

Ciné Cinéma Club vous propose Samedi 7 Mars à 20H40 un documentaire inédit d'Estelle Fredet.

La caméra s’est retournée contre la tempe du cinéaste. Scrutant de manière attentionnée cette bobine intérieure, qui, 50 ans durant, enregistra l’histoire du cinéma mondial. Cassavetes, Lang, Melville : les portraits de Cinéastes de notre temps sont des plus précieux. Le travail de Cinéma Cinémas des plus excitant. L’Artaud-Atrocités de Un Siècle d’écrivain des mieux sentis. Du cinéma de télévision.

Ici, le filmeur est filmé. Chez lui. Au milieu des livres. Archives. Collections. Maniaqueries. Objets.
Tombeau ouvert.
Une ballade, pièces par pièces, dans l’intérieur des Labarthe. Salle de montage. Salon. Grenier.
Des masques mortuaires sont au mur. Et lequel revêtir ?
Arrivé à ces lignes on a rien écrit et rien dit. Et qu’es ce que fixer, sa vie de long, des pensées, des regards et des vies ? Quel inavouable secret dissimule- t-on à être derrière une caméra ?

André S. Labarthe: et si la télé ça pouvait être cela !!