Samedi 5 décembre : Ce matin avait lieu la première manche de la sélection "courts-métrages" pour la cérémonie des Césars. Nous avons pu nous rendre compte de la qualité et du bon niveau de la nouvelle génération - étant entendu que "court métrage" ne signifie pas forcément débutant.

Ainsi nous avons pu voir, dans les couloirs du cinéma Le Balzac, deux jeunes filles terrorisées à la projection de leur pourtant excellent C’est gratuit pour les filles : Claire Burger et Marie Amachoukeli.

Fraîchement sorties de la boîte à formatage FEMIS, elles nous confirment cependant que l'auteurisme à la française peut être fort et puissant. Ce cri Pialien confronte la génération StarAc et YouTube à son propre manque de repaires. Voici Laetitia qui, la veille de son brevet professionnel de coiffure, veut rejoindre un garçon dans une fête. A cet âge où l'on brûle et où l'on découvre la vie, il en faut peu pour qu'un machiste malveillant mette en ligne des images indiscrètes et voyeuristes. Souterrainement il s'agit de se mettre en spectacle, faire comme à la télévision, comme sur l'internet, en écartant l'aspect moral comme le ferait une société immature.

Plus tard nous remarquons un ovni hédoniste Lila du Broadcast Club. Quelque part entre la vidéo de skate, l'œil sociologique de Larry Clark et une vidéo institutionnelle pour la promotion d'un camping, ces 10 minutes de petite magie tireraient les larmes à toute cigale qui voit en ces 2 mois solaires une parabole de la vie-même. Soutenu par la musique planante de Limousine, dont vous apprécierez le MySpace, cette œuvre n'a pas manqué de remporter le prix Télérama au festival de Clermont.
Oeuvre déroutante pour notre ami Foued Mansour, lequel, réalisateur autodidacte et talentueux (recueillant même les louanges de Bernard Menez) se réfère à un cinéma plus naturaliste. La Raison des Autres (qu'il serait triste d'ignorer), regard social en terre ASSEDIC, est un film à l'image de son réalisateur : complexe et non démonstratif ; se gardant bien de nous faire la leçon.

Enfin, peut-être avez vous vu Séance Familiale de Cheng-Chui Kuo, soutenu et diffusé par Arte, où l'intrusion d'une caméra-réalité invite à révéler le secret d'une famille de Taïpei ? Film déjà mature, parfaitement maitrisé.

Une nouvelle génération prête à passer au long, et qui, même s'il ne seront pas tous retenus pour les nominations, semblent avoir de belles heures de direction devant eux. Nous leur souhaitons bon courage et les invitons à voir ou à revoir (de manière peut-être un peu présomptueuse) Le Couvent de la bête sacrée, Le Denier Train de la Nuit ou Le Shogun de la Mort... juste comme ça; manière de savoir si le cinéma français ne pourrait pas regarder, aussi, vers ailleurs ?

RDV samedi 12 à 9H30, au cinéma le Balzac, pour la deuxième manche.