Vendredi 22 Janvier : Ce matin, la chaîne cryptée nous conviait pour un petit-déjeuner au Fouquet’s afin de découvrir les œuvres et artistes nommés en lice à la 35éme cérémonie des Césars le 27 février prochain. Après nous avoir rappelé l’importance de cette institution jadis inaugurée par Jean Gabin, Alain Terzian, son président, nous informa de la présidence de la cérémonie en la personne de Marion Cotillard, ainsi que de la présence de Valérie Lemercier et Gad Elmaleh en tant que maîtres de cérémonie.

Entre croissants, champagne et regards obliques sur la nature de ma relation matinale avec ce vin pétillant, dont la bulle propulsée comme un service d’André Agassi sur l’enveloppe gustative de votre palais ressemble à une charge militaire savoureuse, un peu comme si chaque figurant du Ivan le Terrible de Sergueï Eseinsteïn brandissait un raisin géant pour venir en éclater le parfum sur la surface de votre langue amoureuse; je découvrais le penchant cinéphile des quelques 3900 professionnels de la profession qui forment l’ensemble des votants.

Aussi je fus heureux de m’apercevoir que le Gran Torino de Clint Eastwood n’était, cette fois, pas laissé pour compte. Plébiscité lors de sa sortie, les grands hebdomadaires français l’avaient oubliés lors des bilans de la fin d’année 2009.

Mais ma présence n’était pas due à cette machinerie, qui parfois peut respirer l’artifice, et qui est sans doute, pour toute industrie qui se respecte, un bon moyen d’animer et de dynamiser une profession. Nous rappellerons que c’est Frank Capra qui inspira la version originale, et qu’une idée émanant d’un tel homme ne peut foncièrement être mauvaise. Ma présence, donc, était due à la section court métrage (voir notre article précédent), dont les talentueux Gratuits pour les Filles de Claire Burger et Marie Amachoukeli, La Raison de l’Autre de Foued Mansour et Séance Familiale de Cheng-Chui Kuo sont retenus pour le grand bal costumé (Il nous tarde de voir Foued en costard !). A leurs côtés Donde esta Kim Basinger ? de Edouard Deluc, habile comédie tournée en Argentine, et Les Williams de Alban Mensch que je n’ai pas eu l’occasion de voir. Le grand oublié de cette sélection est sans doute le Montparnasse de Michaël Hers, qui malgré son indéniable sens du dialogue a dû inspirer à tort l’ennui chez les votants. Michaël Hers, quelque part, est à Deplechin ce que Leone est à Ford. Nous y reviendrons.

Dans la catégorie meilleur film se disputeront l’improbable Herbes Folles, le décevant Rapt, le joyeux Concert ainsi que La journée de la Jupe, A l’origine, Welcome, et celui treize fois nommé : Un Prophète.

Concernant les regards obliques j’eus vite fait d’être décomplexé dés lors que je me retrouvais en salle, accompagné d’un héroïque Gainsbourg, dont la fragilité, les lettres et le charme me rassuraient sur ma condition d’être vulnérable.

35éme cérémonie des Césars : le 27 Février sur canal+