Faire un film fantastique aujourd’hui en France est de l’ordre de l’enjeu. Bien loin des accommodations d’Eurociné en son temps, en la personne de Marius Lesœur (le Roger Corman français- le Lac des Morts Vivants, Mondo Cannibale.. ) le genre actuel peine à s’affirmer mais également à trouver son public.

Victime d’une économie fragile les réalisateurs réduisent leurs ambitions, décors et scènes. Ce qui fonctionne aux États-Unis, qui a dopé le cinéma italien ou japonais dans les années 70 semble être réservé en France à quelques obscurs cinéphiles ou geeks introvertis.

Pourtant que serait l’histoire du cinéma sans Sergio Leone, Kenji Mitsumi ou Dario Argento ? « Un curé sans soutane, une soupe sans sel, un baiser sans moustache » nous dirait Blier dans Calmos : bref, une vie sans ivresse.

Mais qu’est-ce qu’ils lui ont refilé ? Ça existe quelque part dans un manuel médical ? Les réceptions sous Baudis devaient être sacrément arrangées place du Capitole. Ses années toulousaines semblent lui avoir laisser quelques séquelles au père Dahan. Peut-être avez-vous vu ses interventions musclées sur Ciné Cinéma ? Du vrai concentré de Sud-Ouest en liberté.



Après s’être fait un nom à Positif ou Mad Movies, Yannick Dahan, enthousiaste notoire, est arrivé un peu par hasard à la télévision pour défendre du Bis ou défoncer du Nanard. Aujourd’hui, suite dans les idées oblige, le voilà aux commandes de son premier long métrage coréalisé avec son acolyte Benjamin Rocher (en vérité les deux doublures festival de Jaume Balagueró et Paco Plaza réalisateurs de Rec). Par soucis d’indépendance les deux compères ont même décidé de monter leur propre production.
Bien sûr il a fallu se confronter aux réalités financières, et découvrir qu’avec le budget d’un Guiraudie, il était parfois difficile de faire un McTiernan. Bienheureusement obstinés, les voilà avec un film de zombie qui a su créer l’émulation, puisque 3000 personnes se sont portés volontaires (traversant parfois toute la France) pour venir manger de la chaire fraîche, les yeux révulsés, avec une manière de marcher qui semble aller à l’encontre de toute théorie darwinienne : bref, c’est beau les superproductions à la française ! (Vous faites quoi ce week end?)

Citer Carpenter, Romero, Lenzi ou même Audiard (que j’aime le mélange des genres !!) ne vous rendrait pas le plaisir de défoncer du zombie pendant une heure trente (parce que marre des films de 2h20) dans ce film au démarrage quasi-lepéniste (si, ça surprend au début) qui se clos en survival musclé et dont Yves Pignot, archétype de l’ancien d’Algérie (Cremer dans De bruit et de fureur), propose une interprétation amusée, « hédoniste » mais intransigeante.

D’aucuns seront regardants, moi j'ai juste envie de retrouver mes infirmières-vampires, mes hommes poissons, mon mutique Django contre l'épouvantable Frankeinstein, mes braves bidasses contre l'effroyable Gozilla et l'invincible Fukasaku contre tonton Tarantino !