Une très belle idée à vue le jour sur Ciné Cinéma Club. À l’initiative du département réalisation, scénario, production de la Sorbonne, une série documentaire consacrée à Paris a donné naissance à sept films de 26 minutes de jeunes étudiants. Bien que nous nous méfiions du film de thésard, qui a parfois tendance à confondre cinéma et confidences nombrilistes sous couvert de citations Baudriardiennes, nous ne pouvons que nous réjouir d’un projet qui donne la parole à une nouvelle génération. L’occasion certainement de voir de nouvelles audaces visuelles et de découvrir enfin les dessous de cette jeunesse que répudie tant nos instances !!

Bon, à dire vrai, il faut se calmer. Entre douces maladresses et réflexes universitaires, nous ne traversons que rarement la frontière du Sorbonnarement-correcte. A se demander si la mort de Rohmer ne signera pas la fin d'une quelconque possibilité d’évolution au sein de l’antichambre des blocs-notes du cinématographe ?

Le meilleur se situant dans des films de « passeurs » : La renaissance ou la vie Intermédiaire de Pauline Pelsy- Johann (reportage sur ce café de la rue Championnet dans le 18éme, qui inspira autant Deville, Chabrol que Tarantino dans son Unglorious Basterds) ; Italo ou le Nouveau Monde de Jean Baptiste Bonnet (portrait du cinéphile ITALO MANZI– collaborateur de l’Encyclopédie du Cinéma Français d ‘Armel De Lorme dont nous reparlerons dans les prochaines semaines) ou ce Belleville en films de Rhama Benhamou El Madani, qui arpente avec une bénévole d’association (Belleville en vue-s) le quartier de Casque d’Or de Jean Becker, et dont le travail sociolinguistique avec les immigrés donne lieu à des témoignages qui renseignent bien sur les priorités pédagogiques cinéphiles à apporter.

En effet, que peut signifier Casque d’Or à des personnes pour qui Chouchou représente le cinéma Français ? Problématique cruciale qui n’est qu’amorcée dans le film. Bien courageux les colporteurs de cinéma. Enthousiasme, humilité et stratégie militaire pour celui qui ira à l'encontre des échecs de l'éducation nationale.

Reste ce spécimen : Passemerveille, où la voix de Michael Lonsdale vient traduire les rêveries hallucinées d’un insomniaque, amoureux érudit d’Histoires Naturelles : Guillaume Massart. Ce jeune réalisateur a vu dans le lac de Daumesnil la possibilité d’un grand hommage à ses émissions nocturnes favorites : un regard Rousseauiste et cynique sur le monde.

Paris m’inspire du 6 au 28 Février, en multi diffusions sur Ciné cinéma Club.