Ils ont leurs petites manies. Leurs obsessions. Ils passent de grandes heures dans les rayons de la FNAC, ou chez les bouquinistes. Pour eux l’été est une bonne occasion de fréquenter la fraîcheur des salles de cinéma, désertées par les gens en mal de tourisme : « L’Egypte ? Je ne comprends pas les gens qui partent en Egypte. Il y a de très beaux films sur l’Egypte » disait un de ceux-là : François Truffaut. Ils ont leurs priorités : préfèrent un Busby Berkeley à une ballade en forêt, la diffusion d’un Viviane Romance, sur le câble, à un feuilleté de perdrix aux girolles (ces gens sont incompréhensibles !), un Sjöstrom à un Tony Scott. Perdus pour la société, ils accumulent des coupures de journaux dans des cahiers de grands formats, des VHS dans des armoires à vaisselle, s’endorment avec Gregory Peck ou Ingrid Bergman pour se réveiller avec Raimu ou Simogne Signoret. Lorsque leurs rêves ne sont pas en 16/9 ou VistaVision , ils sont envahis par des rails de travelling et des panoramas. Pour eux la dégringolade a commencé avec la Nouvelle Vague, et estiment les actrices, aujourd’hui, comme des « cuisinières ». En mal de glamour et de films plus grands que leurs vies, ils se joignent à Boris Vian pour qu’on leurs « donne du Technicolor ! »

Ces drôles de personnages, vous les retrouverez un peu dans le documentaire de Jean Jacques Bernard et Julien Sauvadon, qui explorent à travers différents portraits cet explorateur abyssal qui sommeille en nous.

Et sur quelle mémoire fait-on réellement la lumière ?

Les Eblouis du Cinéma - samedi 27 février à 18h50 sur Ciné Cinéma Classic