jeudi 9 novembre 2006

La voix d'Elina

Hier soir au Studio des Ursulines se tenait la première séance du ciné-club objectif-cinema de l'année 2006-2007. On avait invité Elina Löwensohn, l'actrice gracile mais étonamment forte de Sombre de Philippe Grandrieux. Gracile et forte, c'est bien ce qui la caractérise. Elle est petite mais imposante. Sa voix est grave et claire, posée, sûre d'elle. Trois films étaient projetés : Histoire Tragique avec Fin Heureuse de Regina Pessoa, un film d'animation en noir et blanc où on ne sait pas trop finalement si c'est l'histoire qui est tragique ou bien la fin, pour lequel Elina a prêté sa voix de conteuse, une voix qu'elle a travaillé, modulé pour ne pas être la sienne sans être celle d'une enfant ; Kitchen d'Alice Winocour, où une jeune femme au foyer se met en tête de préparer le dîner dès le matin et se laisse submerger pour mieux refuser sa vie. Seule avec deux homards, Elina dévoile son caractère burlesque et tragique à la fois. Enfin, Simple Men de Hal Hartley, où Elina laisse deux traces indélébiles : sa frange très courte qui agrandit son front, et une chorégraphie qu'elle nous explique inspirée des danses africaines qu'elle étudiait, une scène où le geste se répète tout en se modulant. C'est drôle, mais c'est triste, et c'est parce que ça frôle la caricature que c'en est vraiment fort, l'amour, la haine, les autres.

lundi 23 octobre 2006

l'homme expressionniste



Dans leurs cauchemars diurnes ou nocturnes, les femmes voient la perversion des hommes sur leurs visages. Cicatrices réelles ou projetées, elles les transforment en démons expressionnistes, alors même que Von Stroheim était un cinéaste du naturalisme. Queen Kelly et Maris aveugles sont parus en DVD chez MK2.