mercredi 30 janvier 2002

THE LYNCHIAN TIMES #6

Sortie en France de From Hell, film réalisé par les frères Hughes, adapté de la Bande Dessinée d’Alan Moore et Eddie Campbell, et interprété par Johnny Depp, Ian Holm et Heather Graham. Ce n’est certes pas à cause de la présence de cette dernière dans le casting que ce film figure dans la rubrique dédiée à David, même si elle incarna la romantique Annie Blackburn dans Twin Peaks : nonne fleur bleue qui s’emparait du cœur de l’Agent Dale Cooper, son rôle platonique détonnait vis-à-vis de ses prestations suivantes plus… charnelles dans Boogie Nights ou Austin Powers. Cette pochade avait pour directeur de la photographie Peter Deming, que l’on retrouve également au générique de From Hell, et qui fut le chef opérateur de Lost Highway et de Mulholland Drive. Il n’est pourtant nullement dans mon intention non plus de suivre pas à pas les carrières respectives des directeurs de la photo de David, même si nous pourrions signaler qu’après The Ice Storm d’Ang Lee, Frederick Elmes a poursuivi dernièrement dans Storytelling, réalisé par Todd Solondz, l’exploration des turpitudes de la middle class américaine à laquelle David avait su l’initier dans Eraserhead, Blue Velvet et Wild at Heart.

From Hell doit en fait sa mention au sein de cette rubrique à l’apparition d’un personnage titre de l’œuvre de David Lynch : John Merrick, alias Elephant Man, qui surgit brièvement dans l’intrigue du film au détour d’une séquence. From Hell se lance sur les traces de Jack l’Eventreur : ce serial killer historique accomplit sa sinistre besogne à Whitechapel Road au moment même où le non moins historique Joseph Merrick fut hébergé au London Hospital. Même si le film ne suit malheureusement pas cette piste, le modus operandi quasi chirurgical de l’Eventreur incita les enquêteurs de l’époque à soupçonner quelques-uns des praticiens les plus renommés qui opéraient dans les blocs de l’hôpital, sis dans ce quartier londonien mal famé où se déroulèrent les meurtres. Le médecin qui recueillit et soigna Merrick, Frederick Treves, fit sans doute partie de ces chirurgiens inquiétés par la police. Ce personnage apparaît également dans From Hell aux côtés de Merrick, dans une resucée de la séquence de The Elephant Man durant laquelle Treves présente son protégé à ses confrères dans un amphithéâtre. Les frères Hughes ont même poussé l’hommage jusqu’à adopter un maquillage plus proche de celui choisi par David pour son film que de l’apparence exacte du visage du véritable Joseph Merrick, que quelques clichés médicaux d’époque ont pu nous faire découvrir. Une citation littérale qui prouve, si besoin était, l’influence majeure que David exerce sur une génération de jeunes cinéastes…



dimanche 20 janvier 2002

THE LYNCHIAN TIMES #5

Cette année, la remise des Golden Globes coïncidait avec l’anniversaire de David, qui fêtait ses 56 ans. Le 20 décembre dernier, Mulholland Drive avait reçu quatre nominations pour cette 59e cérémonie instituée par une centaine de journalistes étrangers travaillant aux Etats-Unis et souvent considérée comme le galop d’essai décisif avant les Oscars. David a assisté à la cérémonie en compagnie de Naomi Watts, Laura Elena Harring et Angelo Badalamenti, mais il n’a remporté aucune des récompenses mises en jeu. Le grand vainqueur de la soirée a été A beautiful mind, interprété par Russell Crowe, désigné meilleur acteur dans un film dramatique. Le film de Ron Howard a en effet remporté quatre trophées, grillant sur le fil Mulholland Drive dans les catégories du meilleur film dramatique et du meilleur scénario. David était également nominé en tant que meilleur réalisateur, mais Robert Altman lui a été préféré pour Gosford Park, tandis que Craig Armstrong a brûlé la politesse à Angelo Badalamenti en décrochant le prix de la meilleure bande originale pour Moulin Rouge !, qui s’est par ailleurs octroyé les prix de la meilleure comédie - musicale, en l’occurrence -, et de la meilleure actrice pour Nicole Kidman, Sissy Spacek ayant quant à elle gagné le prix de la meilleure actrice dramatique pour sa composition dans In the bedroom. De son côté, No Man’s Land a été préféré à Amélie Poulain dans la catégorie du meilleur film étranger (David a avoué quelques jours après avoir beaucoup apprécié le film de Jean-Pierre Jeunet).

A l’instar de Peter Jackson et de son Seigneur des Anneaux, David est donc reparti bredouille, ainsi que ses compagnons d’infortune, les frères Coen, nominés dans trois catégories, qui ont partagé sa table durant cette soirée, comme il nous l’a appris dès le lendemain : " La fête d’anniversaire a été très agréable, j’ai reçu un gâteau en forme de guitare géante. Nous n’avons rien gagné, mais l’assemblée nous était favorable, il y avait là de nombreux fans de Mulholland Drive. " (1)


Notes
1) " It was a very good birthday party. I got a cake shaped like a giant guitar. We didn’t win anything but the room had a good feel to it. Many people there were fans of Mulholland Drive. " (Chat Room, 21 janvier 02)

dimanche 13 janvier 2002

THE LYNCHIAN TIMES #4

C’est en mai 2001 que Wim Wenders a annoncé la mise en chantier d’un projet collectif intitulé Ten Minutes Older en demandant à une quinzaine de cinéastes célèbres de mettre en scène un court métrage d’environ dix minutes consacré au thème du temps. Le concept avait été imaginé par le producteur Nicolas McClintock cinq ans auparavant, inspiré par un court métrage du cinéaste Herz Frank au titre identique. Road Movies, la compagnie dirigée par Wim Wenders et Ulrich Felsberg, s’associa à la société de production initiale en 2000 afin de conduire le projet à bon terme. Les courts métrages, mis bout à bout et enrichis d’un making of, devaient à l’origine aboutir à la constitution de deux films de 90 minutes, sur le même principe que Lumière et Compagnie, projet auquel avaient d’ailleurs participé plusieurs des réalisateurs conviés par Wenders à s’impliquer dans cette collection : Bernardo Bertolucci, Mike Figgis, Werner Herzog, Jean-Luc Godard, Jim Jarmusch, Chen Kaïge, Aki Kaurismäki, Abbas Kiarostami ou encore Spike Lee.

Wenders lui-même a, dans le cadre de ce projet, tourné une fin alternative à Paris, Texas, dans laquelle le personnage interprété par Nastassja Kinski arrive dix minutes trop tard pour retrouver son fils (une variation qui peut rappeler le principe de Smoking, no Smoking d’Alain Resnais). David Lynch a lui aussi été pressenti pour rejoindre cette équipe de cinéastes prestigieux, et il faut avouer que le thème du Temps laissait présager un court métrage intéressant de sa part.

Malheureusement, interrogé à ce propos, David m’a répondu " Je ne participe pas au projet Ten Minutes Older, ça n’a pas abouti. " (1) Ignorant à quel stade les négociations s’étaient arrêtées, j’ai cherché à me renseigner auprès de la société de production de ce projet à ce sujet : la production du court métrage aurait en effet pu être lancée au niveau de l’écriture d’un scénario, de la constitution d’une équipe, voire de la mise en place d’un plan de tournage. Nigel Thomas, un des producteurs chargés du suivi de Ten Minutes Older, m’a alors indiqué : " Nous avons pris contact avec de nombreux réalisateurs à propos de ce projet. Au fur et à mesure que celui-ci prenait forme, quelques-uns d’entre eux se sont vus inévitablement dans l’impossibilité de participer pour des questions de planning ou pour d’autres raisons." (2) La plupart des autres réalisateurs impliqués ayant tourné leur court métrage vers le mois d’octobre, on peut supposer que c’est le retard pris pour le lancement de son site qui a empêché David de participer à cette œuvre collective.


Notes
1) " I’m not taking part in the Ten Minutes project. It didn’t work out. " (Chat Room, 13 janvier 02)
2) " We had talks with a number of directors about the project. As the project came together, inevitably some directors found that they were unable to participate because of scheduling conflicts or other reasons. " (Propos recueillis par mail le 26 janvier 02)

vendredi 11 janvier 2002

THE LYNCHIAN TIMES #3

Après avoir concouru dans la compétition officielle cannoise avec Wild at Heart (Palme d’Or en 1990), Twin Peaks : Fire, Walk With Me en 1992, The Straight Story en 1999 et Mulholland Drive en 2001, David reviendra sur la Croisette en 2002 pour présider le 55e Festival de Cannes, qui se déroulera du 15 au 26 mai. C’est Gilles Jacob, défenseur de longue date de l’œuvre de David, qui a annoncé la nouvelle à la presse sous la forme d’une paronomase purement lynchienne : " David Lynch, ce patronyme convient mal à un artiste qui répugne à juger ses pairs. Mais qui parle de juger quand il s’agit d’élire ? Lynx aurait mieux convenu pour illustrer l’élégance naturelle et l’acuité du regard d’un des tout premiers créateurs du cinéma mondial. " David, par ailleurs Président du Jury du Festival de Venise en 1994, a accueilli avec enthousiasme l’hommage rendu par un Festival qu’il a toujours placé sur un piédestal : " Je me sens tout à la fois excité, angoissé et pleinement conscient de la responsabilité qui m’incombe au moment d’accepter l’honneur de la Présidence du 55e Festival de Cannes, le plus grand festival de cinéma au monde. Je ferai au mieux pour poursuivre la belle tradition du Festival : mettre en lumière et célébrer le cinéma mondial dans un esprit de compétition et d’amitié. "(1)

Plusieurs cinéastes américains ont déjà connu le privilège de mener la grand-messe du cinéma mondial, notamment Francis Ford Coppola, Martin Scorsese ou Clint Eastwood. Cette consécration pourrait être pour lui l’occasion d’améliorer son français balbutiant, comme j’ai pu le lui faire remarquer dans sa Chat Room, plaisanterie à laquelle il a répondu : " Je peux te promettre qu’ils me mettraient à la porte si jamais ils entendaient mon français ! (…) Je pourrais essayer quelque chose, mais cela me demandera des semaines d’étude ! "(2)

Durant le tournage de Lost Highway, David s’était simplement risqué un jour à tenter de dire " Très chaud ! " pour évoquer le climat particulièrement clément de la côte californienne. Les cours particuliers en étaient restés à ce stade. Plus sérieusement, lorsque je lui ai demandé ce qu’il ressentait à l’idée d’avoir à " juger ses pairs ", il n’a pu qu’exprimer ce cri du cœur lapidaire : " C’est une tâche terrible - It’s a terrible job. ", renforçant ainsi ce qu’il avait évoqué quelques jours auparavant à propos du discours qu’il a dû prononcer pour les Golden Globes : " Parler devant une assemblée me rend nerveux, c’est la partie ingrate de la vie de réalisateur. " (3)

A noter que le Festival de Cannes 2002 rendra hommage à Jacques Tati, vingt ans après sa disparition. On sait l’admiration que David porte au créateur de Monsieur Hulot, dont les films ont souvent influencé ses propres œuvres, notamment au niveau de leur richesse sonore. À l'occasion de cette commémoration, une copie restaurée de Playtime en 70 mm sera projetée, ainsi que Les Vacances de Monsieur Hulot et Mon Oncle, régulièrement mentionnés par David parmi ses films préférés et qui avaient été présentés à Cannes en 1953 et 1958.


Notes
1) Propos parus sur le site officiel du Festival de Cannes
2) " I can promise you they would throw me out if they would hear my french ! (…) I may try something, it will take weeks of study " (Chat Room, 13 janvier 02)
3) " I got nervous speaking in front of people. This is the hard part of filmmaking. " (Chat Room, 18 janvier 02)

mardi 8 janvier 2002

THE LYNCHIAN TIMES #2

David se trouve à New York, pour participer à un dîner de gala offert par l’Association des Critiques de NY qui, le 13 décembre 2001, a désigné Mulholland Drive meilleur film de l’année. Invité par Justin Theroux à partager son clavier pour adresser quelques mots aux membres du site, David a indiqué qu’il s’était rendu à Manhattan deux semaines après les attentats du 11 septembre, sans toutefois pouvoir réellement s’approcher des ruines du World Trade Center.

C’est en effet le New York Film Critics Circle qui a lancé le bal le 13 décembre en décernant à Mulholland Drive la première d’une longue série de récompenses. La deuxième quinzaine de décembre est l’occasion pour une grande partie des critiques américains de livrer leur verdict sur l’année cinématographique. Ainsi, la Los Angeles Film Critics a sacré David meilleur réalisateur de l’année quelques jours après, entérinant le prix reçu à Cannes. La Boston Society of Film Critics lui a emboîté le pas en attribuant à la fois la récompense du meilleur film ET du meilleur réalisateur à Mulholland Drive, suivie par les New York Film Critics Online (qui lui ont de plus décerné le prix du meilleur scénario). La liste est loin d’être exhaustive : la Toronto Film Critic Association a aussi couronné David meilleur réalisateur, et nous pouvons présumer que d’autres associations de critiques de par le monde sont également tombés sous le charme de Mulholland Drive (Télérama a entre autres placé le film de Lynch en tête des longs métrages de l’année écoulée). David Lynch n’avait pas été jusque-là habitué à un tel consensus de la part des critiques, comme il a pu l’avouer à l’agence Reuter : " Je suis coutumier du fait que mes films ne fonctionnent pas très bien au box-office et que les critiques ne les apprécient guère. Tout cela est incroyablement étrange. " (1)

Ce déferlement de récompenses de toutes sortes acquiert une résonance plus intéressante encore si l’on sait que le verdict des associations de critiques américains sont souvent proches des Oscars, du moins en ce qui concerne les nominations. Non que ces Oscars constituent une panacée et un passage obligé pour tout grand réalisateur (l’absence d’un Stanley Kubrick à son palmarès suffisant à mon sens pour jeter le discrédit sur une telle manifestation), mais tout cinéphile ayant veillé une nuit entière en espérant la victoire symbolique de son favori sera à même de comprendre l’émulation et l’excitation que cette cérémonie peut provoquer. Sans compter l’effet indéniable que l’obtention d’une précieuse statuette peut engendrer auprès des studios et des sociétés de production, véritable sésame pour monter en quelques mois les projets les plus improbables. Rappelons que David a d’ailleurs déjà été nommé deux fois aux Oscars dans la catégorie du meilleur réalisateur, pour The Elephant Man et Blue Velvet, sans succès pour l’instant.

lundi 7 janvier 2002

THE LYNCHIAN TIMES #1

Première intervention de Justin Theroux dans la Chat Room, sous le pseudonyme de Lolita2000 (nom qui suscitera quelques quiproquos savoureux et qui trouve son origine dans l’admiration que Justin Theroux porte au film de Stanley Kubrick et à l’œuvre de Nabokov). Theroux, interprète du réalisateur Adam Kesher dans Mulholland Drive, a souscrit au site comme un membre ordinaire, s’acquittant au passage de sa cotisation de 10$. Au fil des jours, les questions spécifiques à sa collaboration avec David se feront d’ailleurs de plus en plus rares, et il participera à quelques conversations des plus ordinaires, y trouvant apparemment son bonheur.

L’apparition de Justin Theroux dans la Chat Room succède aux passages surprises et éclairs d’autres invités durant les vacances de Noël : Kyle MacLachlan, invité à réveillonner chez David, Austin Lynch (son fils de 18 ans, qui apparaît d’ailleurs dans l’une des vidéos les plus étranges du site en compagnie de son illustre père : Out Yonder), Jennifer Lynch (fille de David, réalisatrice de Boxing Helena et animatrice d’un show radio sur le site, sans cesse déprogrammé pour l’instant suite à ses problèmes de dos) ou encore Naomi Watts et Laura Elena Harring, les deux principales interprètes de Mulholland Drive qui échangèrent quelques messages avec les membres en se servant de l’ordinateur personnel de David.

dimanche 6 janvier 2002

THE LYNCHIAN TIMES - PREAMBULE

" HAPPY NEW YEAR TO YOU, AND PLEASANT DREAMS"

Cette nouvelle rubrique consacrée à David Lynch se veut complémentaire et parallèle à Roland in Lynchland. The Lynchian Times, journal de bord lynchien, n’empiétera pas sur les sujets traités par son aînée : les articles de Roland in Lynchland analysent en profondeur des œuvres de David en mêlant un point de vue critique et personnel, ressemblant de plus en plus dans l’esprit aux mémoires que j’ai pu consacrer à Eraserhead ou The Elephant Man. Roland in Lynchland avait au départ également pour ambition de faire part des brèves et des news liées à David, mais à l’évidence, de telles notules n’y trouveraient plus leur place, étant trop éloignées des études plus ou moins détaillées d’un film, d’une série ou d’une publicité que nous continuerons d’y publier.

L’ouverture du site officiel de David (davidlynch.com), en décembre 2001, a scellé la naissance du projet de The Lynchian Times. Nous aurons l’occasion de revenir sur le contenu artistique de ce site, en évoquant les vidéos expérimentales que l’on peut y découvrir, ainsi que les clips musicaux, les séries animées, etc., mais une section spécifique de davidlynch.com, a nécessité la création de ce magazine d’actualité : la chat room, chambre de discussion où s’est rapidement formée une petite communauté de fidèles et où apparaît régulièrement David pour répondre aux questions que les membres lui adressent ou pour partager son avis sur des sujets plus ou moins triviaux.

C’est justement le caractère parfois anecdotique de ces interventions qui a engendré cette nouvelle rubrique : difficile en effet d’envisager pour Roland in Lynchland l’écriture d’un petit article consacré aux pratiques culinaires de David, à son goût pour la méditation ou à tout autre activité ponctuelle et quotidienne dont il fait régulièrement part sur son site. The Lynchian Times adoptera par conséquent la forme d’un agenda (probablement mensuel ou bimestriel, en fonction de la richesse de l’actualité) qui résumera, jour après jour et semaine après semaine, les menus événements du monde lynchien.

La rubrique ne se limitera pas aux commentaires des interventions de David dans sa Chat Room (dont, dans la mesure du possible, nous tâcherons de placer à chaque fois une de ses répliques du mois en exergue dans le titre de l’article, comme les vœux qu’il a présentés aux membres le 31 décembre et qui ouvrent ce numéro de janvier) : elle abordera également les projets plus anodins qui ne donneraient lieu qu’à des analyses succinctes, les différentes distinctions que David pourrait recevoir, les expositions où ses peintures et ses photographies pourraient être présentées, etc. Volontairement plus légères et moins approfondies que les articles de fond de Roland in Lynchland, ces petites nouvelles du front lynchien contribueront au fil des mois à créer un kaléidoscope des diverses activités auxquelles s’adonne David et permettront probablement de déceler des progressions de certains de ses projets ou de ses idées.