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Ce n’est pas parce qu’il
est si réaliste que ce dernier n’est pas cinématographique.
Il est même assez maniériste, conceptuel, consciemment
virtuose, mais il n’atteint jamais la sophistication esthétisante
et vide de sens dont on a pu le taxer. Il crée un équilibre
très fort entre réel et esthétisme qui,
expressif des contradictions et de l’ambiguïté
humaines, fonctionne incroyablement bien. Il y a bien quelques
manies, comme les effets stroboscopiques de la fin, qui rendent
hommage au 2001 (premier choc cinématographique
de Noé) du maître Kubrick (cinéaste cynique
s’il en est) et induisent de façon un peu facile que
le propos du film est universel. Pour autant, rien n’est jamais
totalement gratuit, tout prend toujours son effet.
Irréversible
est dérangeant dans sa façon de nous placer
sans concession face à nous mêmes, face à
la bassesse humaine, face à nos instincts… mais pas
vraiment pour une question d’éthique. Irréversible
n’assène rien du tout. Il nous fait nous poser des
milliers de questions : qu’est-ce que moi, j’aurais fait,
si j’avais vécu ça ? si j’avais assisté
à ce viol, m’en serais-je allé sans mot dire,
comme cette silhouette furtive symbolisant à elle seule
toute l’indifférence et la passivité des gens
d’aujourd’hui ?… Noé (vilain garnement ?
provocateur maladroit ?…) défend bien mal son
film, enchaînant les provocations, les déclarations
tendancieuses, les propos malsains… Est-ce parce que son film
est indéfendable ? Parce que j’y ai vu des choses
qui n’y sont pas ? Honnêtement, je ne le crois
pas. Le cynisme de Noé est une façade qui doit
cacher ses faiblesses (après tout, n’a-t-il pas fini
par avouer qu’il filmait, comme Lynch, pour " aller
là où il n’est jamais allé " ?),
et ce qu’il a vraiment à exprimer est dans son film
– lequel, à mon sens, parle pour lui.
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Titre : Irréversible
Réalisateur :
Gaspard Noé
Scénariste :
Gaspar Noé
Directeur de la photographie
: Benoît Debie
Acteurs : Vincent Cassel,
Monica Bellucci, Albert Dupontel, Philippe Nahon
Costumes : Laure Culkovic
Chef décorateur
: Alain Juteau
Production : Nord-Ouest
Productions
Producteur : Richard
Grandpierre
Coproducteur : Christophe
Rossignon
Festival : Cannes 2002
– Sélection officielle en compétition
Distribution : Mars
Films
Format du son : Dolby
SRD / DTS EX
Format de projection
: 2:35.1 Cinémascope
Interdiction : - 16
ans
Sortie France : 24 mai
2002
Pays : France
Année : 2002
Durée : 1h 39
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