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Eduquer est le mot latin qui signifie
dégager, faire éclore les facultés naturelles
qui sommeillent en chaque individu. L’éducation est
un mot du même ordre que transmission. Bien des écoles,
ces cinquante dernières années se sont glorifiées
d’avoir les dernières idées sur l’éducation,
comme bien des cinéastes se sont vantés d’avoir
eux aussi les dernières idées sur la création
et la pratique de la mise en scène. L’instituteur de
la " classe multiple " de Nicolas Philibert,
comme Nicolas Philibert dans son art, si classiques pour ne
pas être résolument modernes, tournent le dos
aux modes périssables, et, cherchant l’éternité,
s’en tiennent à leur première idée :
celle qui nous dit simplement que l’innocence a quelque chose
à apprendre de l’expérience.
Etre cet instituteur debout, celui qui apprend
à ces petits- qui ont pris la rude résolution
de devenir des hommes, ou être un cinéaste dont
l’exigence est de montrer la richesse d’un monde qu’on ne
sait plus voir, participe de la même certitude d’accomplir
un devoir élevé. Au fond de l’obscure âme
enfantine qui ressemble tant à celle du spectateur
gît un désir primordial d’apprendre qui est une
des formes de l’émerveillement : la scène
de l’exercice de calcul en famille est de ce point de vue
la métaphore exemplaire de l’étonnement auquel
peuvent conduire les mouvements mystérieux et incontrôlables
des chiffres. Le maître d’école a la tâche
de libérer ces tendances prisonnières. Il a
la responsabilité de nous rappeler le seul sens de
l’éducation : être sûr que quelque
chose est vrai pour oser le dire à un enfant. A un
âge où le monde semble aussi neuf qu’on l’est
soi-même, l’enfant a besoin de savoir s’il est responsable
ou irresponsable, moral ou immoral, perfectible ou imperfectible,
non pour comprendre mais pour se comprendre lui-même.
C’est de cette responsabilité que Nicolas Philibert
a fait le sujet d’ " Etre et avoir "
. Cette responsabilité qui est le sujet premier, la
vocation première par lesquels ces hommes debout, enseignants
ou cinéastes, attachés à notre tradition
humaine, nous font toucher à l’universel, nous disent
tout de la vie et de la grandeur des hommes.
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Cet article a été
écrit par Pascal Thomas (La Dilettante,
Mercredi folle journée) pour Cinélycée.
Pour découvrir leur site :
http://www.cinelycee.com
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Titre : Etre et avoir
Réalisateur :
Nicolas Philibert
Images : Katell
Djian, Laurent Didier, Nicolas Philibert
Acteurs : Georges Lopez
(l’instituteur) et…ses élèves
Musique : Philippe
Hersant
Montage : Nicolas
Philibert
Production : Maïa
Films
Presse France : Marie
Queysanne
Coproduction :
ARTE France, Les films d’ici, Centre National
de pédagogie
Vente à l’étranger
: Mercure Distribution
Distribution : Les films
du losange
Festival : Sélection
officielle du festivals de Cannes 2002
Sortie France :
28 août 2002
Pays : France
Durée :
1h 44
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