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FESTIVAL
INTERNATIONAL
DE TOKYO

Compte rendu
Par Stephen SARRAZIN,
à Kyoto, en novembre 2004

MIKI NAKATANI, PLUS QU’UNE FEMME GALANTE

Parmi les films qui ne laisseront pas un souvenir impérissable du dernier festival international de Tokyo, citons Thirty Lies Or So, de Kentaro Otani, cinéaste inédit en France malgré cette touche rohmérienne que le public japonais décèle chez lui. Son premier long-métrage, Avec mon mari, faisait preuve d’humour, de naturel (c’est la critique locale qui le dit) dans les dialogues et les situations, évoquant, il va de soi, le cinéma de Rohmer sur lequel jurent les cinéphiles japonaises.



Son deuxième film, le très « french » Travail, remporta le premier prix au festival de Bangkok, un événement qui gagne en crédibilité d’année en année. Ces deux films étaient écrits par Otani, mais cette fois, il adapte une pièce à succès de Hideo Tsuchida, qui raconte les retrouvailles d’une troupe d’arnaqueurs, des « grifters » qui n’ont rien du polar de Stephen Frears, qui tentent de tricher les passagers de gare en gare : mission accomplie mais l’argent disparaît. Tout ça fait bien Lumière, les arnaqueurs arnaqués à bord d’un train...

Un train qui peine à aller de l’avant et qui rate plus d’une destination intéressante. Au lieu de nous offrir un road movie sur les petites arnaques pouvant nous révéler le Japon rural contemporain, Otano rassemble un casting de stars télé-cinéma dans un décor de wagon triste pour cent minutes de théâtre filmé. Pas d’idée de cinéma, y compris celles empruntées chez Rohmer. Une grande agence d’impresarios, qui représente plusieurs des acteurs du film, est un des co-producteurs et une fois de plus on assiste à un film qui n’ose pas s’éloigner des pubs et feuilletons dans lesquels tournent régulièrement les acteurs de ces 30 mensonges. Le genre de film qui ne mène à rien ?

Peut-être pas. La seule surprise du film tient à la performance de la comédienne Miki Nakatani. Comme pratiquement toutes les idoles des médias au Japon, Miki Nakatani commença dans la chanson. Mais ce fut Ryuichi Sakamoto qui la « découvrit » au milieu des années 90 ; de 1996 à 1999, il lui a produit trois CD, lui a écrit des chansons, elle était lancée. Entre 1995 et 1998, elle enchaîna des boulots de pubs, à la télé et dans la presse, elle joua de petits rôles au cinéma avant d’obtenir celui de Mai Takano, la petite amie/élève de Hiroyuki Sanada dans Ring, de Hideo Nakata, qu’elle retrouvera à deux reprises, dans Ring 2 et dans Chaos. En 1999 elle était engagée pour le feuilleton Keizoku, sorte de X Files domestique, aux côtés d’Atsuro Watabe (qui tourna avec Shunji Iwai, Masato Harada, etc.).