Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

LITHIUM
A propos de Tarnation
de Jonathan Caouette
Par Cyril LEGANN

Jonathan Caouette est l’exemple type de ces trentenaires ratés qui rêvent de gloire et qui, parce qu’ils ont appris a maîtriser les trois fonctions principales du logiciel « i-movie », se découvrent une légitimité de cinéaste...



Avec Tarnation, Caouette fait la compilation de ses images d’archives ô combien passionnantes : imitation de chanteuses de cabaret à 14 ans, engueulades avec sa grand-mère, divagations de sa mère un peu folle, etc... Comme cela ne suffit pas, il complète par des séquences tournées dans l’idée de faire ce film, brisant ainsi le processus faussement « innocent » du départ. Cherchant un angle narratif nécessaire au dispositif cinématographique, il tente ainsi d’émouvoir le spectateur sur son statut d’enfant battu et paumé, puis son destin d’homo dépressif pseudo artiste new-yorkais, qui a (comme c’est original) un rapport à la fois fusionnel et conflictuel avec sa mère (un peu folle, il faut le rappeler, c’est plus cinégénique).

Instrumentalisant tour à tour chaque membre de sa famille pour les faire figurer dans son « œuvre », Jonathan Caouette franchit allègrement la frontière de la vulgarité. Bien plus encore que le spectacle de la télé-réalité, qui elle ne se revendique pas comme œuvre d’art. Car, artistiquement, il n’y a pas l’ombre d’un point de vue surprenant, pas un soubresaut de parti pris original, rien qui n’eut été dit plus tôt. C’est simplement décousu, sale, et mal fichu, autrement dit idéal pour créer une sensation cannoise qui fera vibrer une partie de la critique avide de « happening », encore assez dupe pour tomber dans le panneau.

Deux noms célèbres au générique et une bande son « rock indé » du meilleur goût feront emporter l’adhésion des plus suspicieux qui n’auront su détecter l’arnaque intellectuelle pourtant assez mal maquillée à coup de cartons remplaçant une voix off que l’on imagine trop « attendue », et d’effets de montage aussi ennuyeux qu’inutiles.

Oui, le journal filmé est un exercice périlleux. De mémoire de cinéphile aucun ne me semble tout a fait réussi. Pourtant Tarnation rappelle tristement qu’en France, nous avons notre Jonathan Caouette, et qu’il s’appelle Rémi Lange (Omelette, Les yeux brouillés), il est aussi nul, mais moins branché, c’est dire... Si l’on veut du « cinéma vérité » intelligent, mieux vaut se tourner vers l’excellent Les Petits Fils d’Ilan Duran Cohen, fictionnel certes, mais au regard sensible et sincèrement émouvant sur des personnages bien réels.






Acheter ce livre ou DVD sur le site : Fnac
Acheter ce livre ou DVD sur le site : PriceMinister
Acheter ce livre ou DVD sur le site : Amazon
Acheter ce livre ou DVD sur le site : Librairie Lis-Voir