Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

FESTIVAL SAN SEBASTIAN 2004

INNOCENCE

de Lucile Hadzihalilovic
Par Laetitia HEURTEAU

SYNOPSIS : Dans un mystérieux établissement où on enseigne la danse et les sciences naturelles, trois fillettes vont découvrir les étranges lois qui régissent cette école...



LE FILM OVNI

Dans la série film OVNI, celui de la réalisatrice belge Lucile Hadzihalilovic, Innocence, a tout pour plaire. Son sujet, adapté d’une nouvelle, raconte l’arrivée d’une petite fille (on ne sait pas si elle est morte ou non) dans une étrange pension pour jeunes filles, où la présence d’adultes est représentée uniquement par deux professeurs interprétées par les charismatiques Marion Cotillard et Hélène de Fougerolles. Le Festival de San Sebastian semble cette année se faire comme point d’honneur de diffuser des films oppressants et Innocence malgré son titre cristallin, ne semble pas en briser la règle.

Si certains détails font penser aux Autres d’Amenabar (les enfants prisonniers d’une étrange maison, aux règles encore plus étranges et la mort qui ne cesse de rôder tout au long du film), le traitement cinématographique qu’en fait la réalisatrice, Lucile Hadzihalilovic, est tout autre. D’abord, ce qui frappe, c’est le traitement visuel de ce film. La blancheur des vêtements de ces jeunes pensionnaires contraste fortement avec les décors de la forêt, sombre à souhait et des intérieurs feutrés ou non de la pension.

La force d’Innocence, c’est de rester mystérieux tout au long du récit. Qui sont ces jeunes filles ? Pourquoi vivent-elles ici en communauté ? Que se passe-t-il à l’extérieur de cet établissement ? A quelle époque se passe le récit ? Est-ce un monde fictif ou réel ?

Toutes ces questions demeurent sans réponse. Lors de la présentation du film au public, la réalisatrice précise (sans préciser !) : « Je pensais quand j’ai commencé à faire ce film que c’était le paradis de vivre entre enfants du même âge. Ces filles ont été séparées du monde pendant des années. Il fallait montrer à la fin leur excitation d’être enfin dans le monde, dans la ville et de rencontrer des garçons. Dès le départ, je voulais montrer cette vie d’école comme un monde parallèle. Je ne vois pas d’autres explications à cela. »