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Interrogés, les experts sont unanimes : Saddam Hussein n’était une menace que pour son peuple (ce qui est déjà trop). Après la guerre du Golfe, l’embargo et le programme « pétrole contre nourriture », l’Irak était exsangue. L’administration Bush, du reste, le savait fort bien lorsque, peu après leur arrivée aux affaires début 2001, Colin Powell (secrétaire d’Etat) et Condoleeza Rice (conseillère à la sécurité nationale de George W. Bush) estimaient que l’Irak ne représentait qu’une très faible menace... Et puis il y a eu le 11 septembre et le monde a retenu son souffle : comment l’hyperpuissance allait-elle réagir ? Première cible désignée : l’Afghanistan. A l’époque, peu de voix se sont élevées : tout le monde, ou presque, a applaudi, c’était le temps glorieux d’« Enduring Freedom », la France était du voyage et les talibans se prenaient une rouste. La liberté écrasait tout sur son passage.

Mais ça n’était pas assez : le 29 janvier 2002, Bush prononce devant le Congrès américain son désormais fameux discours sur l’état de l’Union dans lequel il évoque un « axe du mal » constitué par l’Iran, la Corée du Nord et... l’Irak. Au passage, il saupoudre son texte de fausses informations sur l’Irak, ce qui, dans le cadre du Congrès, est un crime. Reste que désormais, Bush et ses conseillers n’auront de cesse de désigner Saddam Hussein comme le coupable idéal. C’est que le temps presse : il ne s’agit pas d’attendre la preuve de l’existence des Armes de destruction massive (ADM), le « smoking gun » qui pourrait, comme l’explique « Condi » Rice, « devenir un champignon atomique »...

Décortiquant cet argumentaire, Greenwald s’arrête sur le discours de Powell à l’ONU, en février 2003, censé apporter les preuves que Saddam est armé jusqu’à la moustache : photos aériennes de sites suspects, croquis de « laboratoires mobiles de fabrication d’armes biologiques »... L’une après l’autre, Greenwald démonte les assertions du secrétaire d’Etat. Les « preuves » américaines sont sans fondement mais c’est pourtant sur ces mensonges que les faucons vont tenter de justifier, petit à petit, l’invasion de l’Irak. La présence d’Al-Qaida sur le territoire irakien sera notamment mise en exergue.

Pourtant, sur ce point encore, les témoignages recueillis par Greenwald sont unanimes : l’idée d’une alliance Ben Laden/Saddam Hussein est hautement improbable. Mais, aussi grosse soit-elle, la ficelle est habile : en liant l’Irak au traumatisme du 11/09, Washington rendait le débat encore plus passionnel et se mettait l’opinion américaine dans la poche.

Quant aux inspecteurs de l’ONU, chargés de vérifier que le sol irakien est vierge de toute ADM, ils ont eu beau affirmer encore et encore que, décidément, ils font chou blanc, rien n’y fait. Et étrangement, des « rumeurs » se sont mis à circuler : outre Hans Blix, le chef des inspecteurs, qui fustigera plus tard les « salauds » qui, « à Washington », ont fait courir tant de rumeurs sur lui, Scott Ritter, ex-UNSCOM (Commission spéciale des Nations Unies), a également été accusé d’avoir « pactisé avec Saddam Hussein ».