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FRANK CORACI
Réalisateur, scénariste, producteur
Entretien réalisé
en octobre 2004
Par Thierry ATTARD
Merci à Ed CHOI

Insuffler une véritable vision artistique n’est pas chose aisée pour un réalisateur lorsqu’il se retrouve à la tête d’une production de plusieurs millions de dollars. Connu jusqu’alors pour ses deux comédies avec Adam Sandler (Demain on se marie ! et Waterboy) (1), Frank Coraci nous offre avec son remake du Tour du monde en 80 jours (2) non seulement un excellent divertissement mais aussi un film attachant, imaginatif et drôle dans la lignée de La grande course autour du monde.

Entretien avec le maître de cérémonie du fabuleux périple de Steve Coogan et Jackie Chan.



Objectif Cinéma : Vous avez un talent évident dans l’art d’orchestrer les comédies mais, de manière intéressante, votre premier film en tant que réalisateur fut un thriller remarqué appelé Murdered Innocence.

Frank Coraci : J’avais 26 ans lorsque j’ai fait ce film. Un producteur, Fred Carpenter, m’a abordé dans un magasin de vidéo à New York. Il avait fait quelques films indépendants et savait que j’étais réalisateur. Depuis mon diplôme de la New York University, j’avais fait un certain nombre de courts métrages. Il a regardé mon travail et a été assez impressionné pour m’offrir l’opportunité de diriger une histoire pour laquelle il avait réussi à réunir 200 000$ et dans laquelle il devait jouer.


Objectif Cinéma : Vous avez co-écrit le scénario...

Frank Coraci : Le script qui avait le ton d’une série policière des années 70, avait besoin d’être retravaillé alors je lui ai dit que je réaliserai le film si je pouvais réécrire le scénario. Nous nous sommes mis d’accord sur le fait que j’aurais deux semaines pour réécrire et qu’alors nous commencerions à tourner.

J’ai immédiatement appelé un de mes bons amis et ex-condisciple de la NYU, Steven Peros. Nous partagions tous les deux un engouement pour les films noirs des années 40 et nous avons réalisé que le script empruntait beaucoup au genre avec un détective hanté par son passé et mis dans une situation moralement ambiguë.

Tout s’est mis en place : une situation policière banale transformée avec des dialogues de grand style. Des flingues, des flashbacks, un meurtre, une femme fatale (3). Le nouveau script a été bouclé en deux semaines.


Objectif Cinéma : Comment s’est déroulé le tournage ?

Frank Coraci : La distribution était presque complète au moment où j’ai été impliqué et c’est Jason Miller (L’Exorciste) qui a eu finalement le premier rôle. Le reste était du vrai casting indépendant - ainsi le responsable du maquillage et des effets spéciaux jouait le vilain et les amis de Miller jouaient les autres détectives. Personne n’était vraiment payé, la plupart des techniciens venaient de la Hofstra Film School à Long Island. C’était un véritable film indépendant.

Nos 14 jours de tournage prévus à l’origine se sont transformés en 33 jours. Il était courant que le cantinier se montre et demande à notre producteur et acteur Carpenter de lui verser de l’argent que nous n’avions pas. On s’est tout de même débrouillés pour respecter le budget et on a vendu notre film à Columbia / Tri-star Home video. Murdered Innocence a finalement remporté le prix du festival du film de Long Island à New York et il a été présenté au Brésil au festival de Sao Paulo.