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STEPHANE FREISS
Acteur
Propos recueillis à Paris
le 5 octobre 2004
Par Laetitia HEURTEAU

BROOKLYN BOY : LE « GRAND RÔLE »

Le cyclone Stéphane Freiss déboule dans le bar tendance où il vous a donné rendez-vous. Sa rentrée 2004 est bien chargée et les promotions s’enchaînent à un rythme un peu trop endiablé.

Après le film d’Ozon, 5 x 2, où il donnait la réplique à une Valéria Bruni-Tedeschi plus rayonnante que jamais, Stéphane Freiss défend à présent le dernier film de Steve Suissa, Le Grand Rôle, où il campe tout en finesse un comédien au chômage qui, par amour, fait croire à sa femme, atteinte d’un cancer, qu’il vient de décrocher le « grand rôle » de sa vie.

Mais, à H-1 de monter sur la scène de la Comédie des Champs-Elysées, retrouver son personnage de Brooklyn Boy qu’il interprète depuis une quinzaine de jours, c’est de théâtre, justement, que le héros de Chouans ! ou de Monsieur N a envie de nous parler.

La pièce de Donald Margulies est une véritable mine de personnages savoureux, de répliques jubilatoires et d’acteurs épatants. Stéphane Freiss interprète un écrivain new-yorkais à succès. La pièce est le récit de sa vie au quotidien, avec son père à qui il rend visite à l’hôpital, un ami d’enfance qui refait soudainement surface, sa femme qu’il doit quitter à cause de son succès qu’elle vit mal, une midinette avec qui il accepte de passer un petit bout de nuit...

Brooklyn Boy, c’est l’histoire d’un écrivain, mais surtout celle d’un homme qui s’est volontairement déraciné de sa famille new-yorkaise juive, à Brooklyn, et qui, suite au succès de son livre, va recevoir en pleine gueule une sorte de révélation...



Objectif Cinéma : Quels ont été les éléments qui vous ont le plus séduit à la lecture de la pièce ?

Stéphane Freiss : Beaucoup de choses. D’abord, avant tout, la qualité d’une écriture assez rare au théâtre. C’est un auteur vivant, pour qui j’ai une énorme admiration. Il dit des choses qui me concernent, qui m’emmènent dans une rêverie et qui en même temps me ramènent sur terre, à des préoccupations plus concrètes, des questions que je me suis posées. Je trouve que les rapports qu’il établit entre les personnages sont tellement universels, que l’on n’a pas besoin d’être juif, chrétien, musulman ou autre pour s’y reconnaître.

Mon personnage en plus me fait dire des choses que j’ai envie de dire et vivre des choses que je n’ai pas envie de vivre maintenant. C’est-à-dire la perte d’un père, la fin d’un couple, c’est-à-dire tout ce que la pièce trimballe, et que je préfère vivre le plus tard possible. Donc j’avais plein de bonnes raisons d’appartenir à cette pièce.