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FESTIVAL EUROPEEN DU COURT METRAGE DE BREST 2004
Compte-rendu
Par Gweltaz CAOUISSIN


Le 19ème festival de Brest s’est clos le 14 novembre dernier, récompensant ses films préférés, dont nous allons vous donner un aperçu. Il s’agira, plutôt que de tracer un tableau complet et forcément « impressionniste » de ce festival, de mettre l’accent sur les quelques films qui ont su tirer leur épingle du jeu, et parfois même remporter un prix. Ces films sont soit des coups de cœur, soit de véritables petites perles que la mise en compétition avec d’autres films beaucoup moins réussis pouvait apparaître comme infamante, mais un peu d’indulgence, le court, c’est avant tout une école de cinéma, un laboratoire où encore plus que dans le long, l’échec est permis, voire même souhaité, pour pouvoir avancer. C’est aussi pour ça que l’on ne parlera pas de ces films ratés dont on espère que les réalisateurs feront mieux la prochaine fois. Intéressons-nous donc aux six films qui ont retenu notre attention, à savoir Cashback de Sean Ellis, French Kiss de Antonin Peretjako, Noodles de Jordan Feldman, Ekremes de Argyris Papadimitropoulos, Green Oaks de Ruxandra Zenide et Dahucapra Rubidahu de Thibault Bérard, Vincent Gautieret et Frédérique Gyuran.

Commençons par le film qui s’est vu remettre le Grand prix du Jury de la ville de Brest. L’ovation reçue par le film lors de sa projection, ainsi que son omniprésence sur la bouche des festivaliers après ses premières projections font de lui un vainqueur logique. Alliant humour et intelligence, ce film britannique à la mise en scène soignée, aux moyens évidents (c’était le seul film du festival projeté en cinémascope !) et à l’interprétation talentueuse reçoit donc ce qu’il mérite, à savoir le titre suprême. L’histoire est celle d’un étudiant en Art qui, pour financer ses études, travaille le week-end dans un supermarché. « Je leur donne de mon temps, il me donne de l’argent. Cashback ! (ndlr : Donnant-donnant) ». Le film possède en plus de ses simples qualités techniques et artistiques un fort pouvoir évocateur pour tous les étudiants qui ont un jour ou l’autre dû se résoudra à perdre leur temps dans une usine de ce type. Là où le film fait fort, c’est lorsqu’il parvient à réaliser une mise en abîme subtile en forme de renversement de pouvoirs. Nous voyons un film dont le héros parvient à nous montrer comment perdre son temps de la façon la plus furtive possible, et ce de la façon la plus hilarante possible. L’histoire serait relativement simple si le film s’arrêtait là et s’abstenait de faire passer d’une manière très fine son vrai message, celui du pouvoir contre lequel on peut lutter sans difficulté, tout simplement en affirmant sa liberté, sa volonté de liberté. L’histoire de ce garçon qui travaille dans un supermarché est aussi la nôtre, celle de tous ceux qui décident de n’en faire qu’à leur tête... On ressort de cette séance souriant, léger, le cœur gros. Le film possède en plus de son indéniable intelligence un rythme très soutenu, et quelques scènes d’anthologie, ce qui n’a pas échappé à Gérald Hustache-Mathieu, membre du Jury cette année, qui confiait à la presse locale qu’il trouvait l’une des séquences du film où une suédoise apparaît étrangement peu vêtue (le narrateur du film s’en défend en insistant sur le manque du pudeur légendaire des filles du Nord, ce qui entre nous soit dit, est paradoxal étant donné les températures qu’il y fait...) tout simplement « magique ». Toujours est-il que ce film a marqué l’ensemble des festivaliers qui l’ont vu. CashBack de Sean Ellis, remember that name.