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Et lorsque je me retrouvais sur le lieu du tournage, j’avais cette vision très étrange d’une créature hybride, à la fois sortie de mon imaginaire et de cette expérience télévisuelle. D’ailleurs, dans le livre, il existait une véritable interview entre moi-même et Colin Firth mais c’était à tellement de niveaux différents qu’on ne l’a pas mis dans le film car ça aurait compliqué infiniment l’histoire.

BRIDGET SELON RENÉE...

Renée Zellweger :Pour moi, Bridget Jones, c’est avant tout une très belle naïveté. Elle a cette vulnérabilité dont je me sens très proche et qui lui confère cette appréhension très particulière du monde. Elle est honnête et son mode d’expression est dans le temps présent. Elle pense par exemple à gravir un escalier, mais jamais à la façon dont les gens vont la voir gravir cet escalier. C’est un petit peu la description qu’Helen en fait dans son livre. Je me sens très proche de son côté enfantin, innocent.

...RENÉE SELON BEEBAN KIDRON...

Beeban Kidron :Je crois qu’il faut rendre aussi hommage au livre lui-même et à la création du personnage par Helen Fielding. On parle souvent de Renée et de Bridget qui sont devenues indissociables, mais ce qui m’a le plus fascinée, c’est de voir la façon dont Renée, sur le tournage, a réellement (et pour la seconde fois !) adopté son personnage avec courage. Ce qui est extraordinaire chez Renée, lorsqu’elle incarne Bridget Jones, c’est son manque total de vanité physique. Elle a cette capacité incroyable à se projeter dans ce personnage, dans sa façon de marcher, dans la façon dont elle s’habille, dont elle mange. C’est cette infinité de détails qui fait d’elle le personnage.

L’élément comique joue un rôle très important dans notre appréhension de Bridget Jones. La façon dont elle se meut dans son monde, la façon dont elle comble le fossé entre nos aspirations et la réalité. Personnellement, je partage beaucoup de ce qu’elle est et je pense que beaucoup de femmes sont ainsi. Nous voulons toutes être “plus” et puis, on se casse la figure, et l’on se relève.

LE POUVOIR DE SÉDUCTION DE BRIDGET JONES

Helen Fielding :Dans mon livre, j’évite de dire quelle est la taille ou quel est le poids de Bridget Jones. Comme toutes les femmes, elle se sent grosse, mais elle ne l’est pas forcément. Il faut bien saisir cette différence entre ce que l’on est et ce que l’on croit être. Le succès du livre n’est pas tant dans le fait que Bridget Jones soit célibataire mais parce qu’elle représentait vraiment la dichotomie entre ce que l’on espère être et ce que l’on est vraiment. Dans le film, je ne voulais pas du tout que l’actrice qui jouait Bridget ait le look d’une star, puisque nous ne sommes pas comme ça, nous les femmes, dans la vie. Ce qui était important au contraire, c’est qu’elle touche des cordes sensibles qui ne soient pas des images de perfection. Il ne fallait pas qu’on sente qu’elle appartienne au monde de ceux qui sont parfaits, en nous excluant, nous les autres. Il ne fallait absolument pas qu’elle soit belle ou bien éclairée. Ce qui la rend à mes yeux attirante, c’est qu’à l’heure où les magazines parlent sans arrêt de femmes qui doivent être minces, qui doivent être jeunes, belles, à succès, les qualités que prône Bridget sont au contraire des qualités de bonté, d’honnêteté, de générosité.