Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

XAVIER BAERT
Réalisateur
Propos recueillis
le 10 novembre 2004
Par Cécile GIRAUD
Photos de Guillaume CARRE

LA MUSIQUE DE L’IMAGE, LE MOUVEMENT DU SON

Xavier Baert est à l’image de son cinéma : discret, ne se dévoilant pas tout à fait, d’une douceur qui camoufle souvent des sentiments très forts. Xavier Baert attache une grande importance aux gens. Il aime autant le corps que l’esprit, ce corps qui traverse silencieusement tous ses films, qui ne se donne jamais entièrement, et qui garde une part de mystère que l’on retrouve chez son créateur. Xavier Baert fait du cinéma silencieux, sans doute parce qu’il sait quelle peut être la puissance des mots. C’est peut-être aussi pour ça qu’il les choisit toujours de manière réfléchie, avançant une idée pour vite s’en détourner avant que les mots ne dépassent sa pensée. Chez Xavier Baert, le silence protège autant qu’il met à nu.

Empreinte, son nouveau film, fut sélectionné au Festival des Cinémas Différents de Paris, qui s’est tenu du 7 au 11 décembre 2004 au Cinéma La Clé.



Objectif Cinéma : J’ai vu plusieurs de tes films : Révélation, créé à partir des images de In the Mood for Love, Danseurs à la Gay Pride 2001, Fantôme, Empreinte, et j’y ai trouvé une évolution très forte, notamment au niveau du traitement du corps.

Xavier BAERT : Le corps est une des grandes questions qui m’intéressent. Elle est présente dans tous mes films, depuis Bal de la Tournelle, un autre film qui date de 1999, et qui est un documentaire sur une rave party. La question du corps traverse tous mes films à des niveaux différents. La danse est également très présente, et c’est un état du corps qui m’intéresse particulièrement. C’est une possibilité du corps qui m’est très proche, parce que c’est une variété sentimentale du corps.

Objectif Cinéma : Dans les premiers films, le corps est là, on le voit, alors que dans Fantôme, il n’est plus qu’à l’état d’ombre, et dans Empreinte, il se dérobe constamment à nous.

Xavier BAERT : Ce sont deux films qui forment un diptyque, bien que je ne les aie pas conçus comme tels au départ. Empreinte est en quelque sorte la réponse à Fantôme sur la question de la présence. Les deux films trouvent leur origine dans un solo de danseur masculin. Dans Fantôme, à partir du geste d’Eiichi Kimura, je traitais du rapport de l’ombre et de la surimpression. Dans Empreinte, avec Cyril Accorsi c’était plutôt le rapport du corps et de la matière. Donc deux questions formelles très précises, que j’avais envie d’approfondir. Les questions de l’absence et de la présence au cinéma, la question de l’apparition, sont des choses qui m’intéressent beaucoup. Qu’est-ce qui apparaît au cinéma, entre le moment où le projecteur commence à projeter de la lumière sur un écran, et celui où il s’arrête ? Pour moi, c’est le corps, nu, en mouvement.