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17e FESTIVAL
INTERNATIONAL
DE TOKYO

Compte-rendu
Par Stephen SARRAZIN

Profil neuf pour le festival international de Tokyo qui se déroulait cette fois dans les salles de cinéma Virgin, à Roppongi Hills, micro-cité au cœur de Tokyo, construite par la méga-société Mori, qui comprend des centaines de boutiques et restaurants, des tours résidentielles de plus de 50 étages, d’autres versions « bureaux à louer », et un musée d’art contemporain, tout cela au coeur d’un quartier de clubs et boites de strip-tease chics fréquentés par la communauté étrangère « business » de la ville. Que du bon...



La grande émotion du festival : octobre fut un mois de tremblements de terre au Japon, le nord du pays fut particulièrement touché. Tokyo fut aussi ébranlée, y compris lors d’une conférence de presse au 49e étage, autour du « boom » que vit le cinéma coréen en ce moment. Stars et entourages furent interrompus lors d’une forte secousse qui permit à chacun de voir tanguer les grandes tours, réussite du génie japonais pour éviter l’écroulement. Néanmoins, plusieurs se précipitèrent vers les escaliers et mirent vingt minutes, dit-on, à se rendre au rez-de-chaussée... Cette petite frayeur ne freina en rien l’ardeur des Japonaises trentenaires à payer des fortunes pour un billet du film Everybody Has Secrets, de Chang Hyun-soo, avec Lee Byung-hun et Choo Sang-mi (la troublante femme du train dans Turning Gate de Hong Sang-soo).

Le « prince » Lee était là pour présenter cette fade comédie autour de trois soeurs qui mènent sans le savoir une relation secrète avec le même « very handsome » cadre d’entreprise, jusqu’au jour où l’une d’elles lui propose de rencontrer sa famille. Si Lee est un prince, alors le roi serait Choi Man-shik (Old Boy), également présent avec un film sentimental, Springtime (un prof de musique dans un village) que n’auraient pas refusé Richard Dreyfus ou Robin Williams... Mais Choi, tout comme le réalisateur de Old Boy, Park Chan-wook, n’était pas dupe de cet engouement actuel. Il expliquait lors de son passage pour la promotion de Old Boy, que le succès à Cannes et les fans japonaises le laissaient indifférent ; ce qui importe, expliquait-il, c’est que la Corée compte de nombreux artistes de talent, au-delà des bellâtres des feuilletons, et qu’ils/elles ont enfin la liberté et les moyens de créer comme ils l’entendent.

Mais outre ces nouveautés cosmétiques et ces intempéries d’automne, le festival demeure confronté aux limites qu’impose son calendrier. Rappelons-le, ce festival qui se tient pourtant dans une ville adepte de films internationaux, se déroule en fin d’année, après Berlin, Cannes, Venise, Toronto... La sélection des films en compétion illustre fort bien ce constat ; un jury composé de Yoji Yamada (créateur de Tora-san), Lee Chang-dong (réalisateur de Peppermint Candy et Oasis), Piers Handling (directeur du Festival de Toronto), Shekhar Kapur (réalisateur d’Elizabeth et Four Feathers), le producteur Shirou Sasaki ; et l’actrice Virginie Ledoyen récompensa le film Whisky, de Juan Pablo Rebella et Pablo Stoll (Uruguay), quelque chose à situer entre Walter Salles et Aki Kaurismaki, sans la verve.