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FESTIVAL DE SAN SEBASTIAN 2004
Des nouvelles du cinéma hispanique
Par Laetitia HEURTEAU

En compétition officielle cette année à San Sebastian, deux films espagnols, Roma et Horas de luz, concourraient pour la Concha d’Or. Au final, match nul côté récompenses, mais c’est pour nous l’occasion de nous interroger sur l’état du cinéma espagnol actuel, en l’isolant de ses deux célèbres ambassadeurs : Pedro Almodovar et Alejandro Amenabar.



Une des principales spécialités du Festival de San Sebastian est de promouvoir des films hispanophones à travers une sélection de films, intitulée « Horizontes Latinos ». La sélection Horizontes latinos se divise elle-même en trois parties : les films non distribués en Espagne et en Amérique latine, les films « made in Spain » et les films « en construction », c’est-à-dire en production.

Roma et Horas de luz, représentaient l’Espagne dans la course à la Concha d’Or. Deux films ambitieux, deux traitements narratifs forcément différents, mais leur portrait de l’Espagne actuelle a curieusement beaucoup de similitudes.

D’un côté, Roma, du réalisateur Adolfo Aristarain, véritable chouchou de la critique espagnole, raconte l’histoire de l’irruption dans la vie du célèbre écrivain Joaquin Gonez, du journaliste Manuel Cuerto, venu prêter main forte à ce dernier pour écrire son autobiographie. Les souvenirs du passé de l’écrivain revenant de manière précises et douloureuses, la relation entre les deux hommes évolue petit à petit.

L’Argentin Adolfo Aristarain utilise comme élément principal de narration le flash-back. Le présent est sombre, hivernal, c’est celui de la vieillesse et de la solitude du héros, mais aussi celui de la réflexion. L’Espagne est ici présentée comme une terre d’exil. A Buenos Aires, le passé au contraire, est chaleureux, coloré, riche en détails et en personnages très attachants. L’originalité d’Aristarain ne réside pas seulement dans le fait brosser le portrait de la vie d’un homme à travers le point de vue affectueux d’un enfant envers sa mère (la fameuse Roma, toute dévouée à son fils depuis la mort de son mari) mais c’est surtout de garder cette exigence de récit intacte jusqu’à la fin du film.