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LA GAZETTE DES SCENARISTES #20
Les Séries TV,
le mal français
Par Julie PETIGNAT

Un titre qui est à lui seul tout un programme. Et une couverture qui n’est pas en reste : un montage oppose les deux personnages de Navarro et de 24 heures chrono. Avec un tel effet d’annonce, on pourrait craindre une manière plutôt manichéenne de voir les choses. Et là, surprise, le débat est (modérément) ouvert...



La qualité première du dossier constitué par Frédéric Krivine, créateur de la série PJ, est l’analyse de l’environnement dans lequel se développent les séries. Le constat de départ est bien sûr celui d’un malaise, d’une insuffisance. Pourtant, il ne s’agit pas de prendre à partie un système qui nourrit son scénariste, mais d’en déchiffrer les échecs. Le nombre important des petits producteurs, le coût élevé des épisodes et le format 90’ sont autant de facteurs qui rendent une réforme de la fiction difficile.

Et comme la création audiovisuelle est avant tout le résultat d’une conjonction de talents, d’intérêts et d’ego, le dossier donne la parole aux producteurs, réalisateurs et bien sûr scénaristes concernés. S’expriment entre autres Claude de Givray, ancien directeur des programmes sur TF1, le scénariste Alain Krief ou Hugues Pagan, scénariste créateur de la remarquée Police District. C’est ainsi que le débat s’installe autour de deux grands axes inévitables lorsque l’on aborde la question des séries françaises.

Le premier est l’existence ou non de véritables séries selon les normes internationales. La particularité du format, quatre-vingt-dix minutes, les rend en effet difficilement exportables. Ainsi, les séries françaises existent en vase clos, à la différence de l’industrie audiovisuelle allemande, sans parler des séries américaines. De ce format particulièrement long, résulte de surcroît l’impossibilité de produire la vingtaine d’épisodes qui constitue en général une saison.

Le second axe porte sur le fond. Des séries françaises, que retient-on ? Pas grand chose, en général, car elles ne sont pas de nature à heurter le public. Pourtant, elles figurent parmi les meilleures audiences des chaînes. Dès lors, les diffuseurs défendent une formule éprouvée qui fédère et surtout attire les annonceurs. Mais peut-on indéfiniment percevoir les spectateurs de télévision comme une masse à rassembler ?