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LE SEIGNEUR
DES ANNEAUX

des Beatles à John Boorman
Par Philippe LOMBARD

Avant que la trilogie de Tolkien ne soit portée à l’écran avec succès par Peter Jackson, d’autres s’y sont intéressés. Et pas des moindres...



Les premiers à tourner autour du Seigneur des Anneaux sont... les Beatles ! Après Quatre Garçons dans le Vent (1964) et Help ! (1965) de Richard Lester, le groupe est à la cherche d’un nouveau projet de film. « John voulait que l’on achète les droits cinématographiques du Seigneur des Anneaux  », se souvient Paul McCartney (Beatles at the Movies de Roy Carr, Harper Perennial, 1996). « C’était vraiment son idée. On en a parlé un moment puis ça a commencé à péricliter parce qu’immédiatement, John voulait être Bilbo. Il voulait être le chef et avait tendance à se la jouer : “Ouh là, attends une minute.” (...) La force des autres films que nous avions faits était que nous étions tous au même niveau. »

Finalement, Lennon revient à la raison et le casting éventuel est trouvé : Gollum (John Lennon le transformiste), Frodon Sacquet (Paul McCartney le jeune premier), Gandalf (George Harrison le mystique) et Sam Sagace (Ringo Starr le rigolo) ! Quelle direction aurait pu prendre cette adaptation improbable ? Les Fab Four la voyaient-ils comme une fable musicale et psychédélique ? C’est en tout cas ce vers quoi ils se sont dirigés, après l’abandon du projet, avec le téléfilm Magical Mystery Tour (1967) et le dessin animé Le Sous-marin jaune (1968). « Je ne sais pas quel a été le problème, mais je pense que les ayants droits de Tolkien qui contrôlent Le Seigneur des Anneaux ne nous auraient pas vendu les droits cinématographiques ou peut-être qu’ils les avaient déjà vendus à quelqu’un d’autre. »

Les droits n’avaient pas été encore cédés, mais ils faillirent bien l’être au début des années soixante-dix. John Boorman, qui sort du succès de Délivrance, se plonge à son tour dans l’adaptation de Tolkien. « Ce qui m’intéressait dans Le Seigneur des Anneaux , c’était son contenu mythique. Comme vous le savez, Tolkien était un expert en mythologie et il avait mêlé dans son œuvre plusieurs mythes fondamentaux, et c’est cet amalgame qui donne, à mon avis, son pouvoir extraordinaire à cette saga épique. » (Positif n°157, mars 1974) Le cinéaste rencontre et convainc Tolkien mais le projet, qui atterrit entre les mains du producteur Saul Zaentz (Amadeus, Le Patient anglais), est beaucoup trop cher à monter et tombe à l’eau. « La frustration éprouvée lorsque je dus abandonner ce projet m’avait laissé dans un état de très grande tension qui demandait à se libérer dans mon film suivant. »