Sport au réveil, rien de tel pour commencer la journée. N’est-ce pas Serena ? Elle enchaîne avec un petit-déjeuner 100 % pur fibres qu’elle partage avec Umi, le chien de Mareva : “t’as de la chance d’être chien : t’as pas de cellulite ! J’ai décidé de maigrir.” L’expérience n’est pas exactement concluante pour le chien qui, alors qu’il accompagne sa maîtresse au confessionnal, avoue un petit souci de transit. J’ai décidé de vomir.
Cependant, c’est un autre programme qui attend nos nice lofteurs : ils doivent passer la journée yeux bandés et faire l’expérience de la cécité. Vis ma vie. Sans oublier quelques épreuves de Mr Nice a dit, auxquelles ils obéissent aveuglément. Comme d’habitude. Même Mareva ne rechigne pas. En permanence accompagnée de son chien, elle fait une parfaite aveugle, accessoire inclus. Néanmoins, et nonobstant sa participation active, elle semble absente tellement elle est invisible. Pire, quand elle est à l’écran, elle semble factice ; pas en terme d’identité mais en terme de chair. Elle est toujours la spectatrice qu’elle était devant l’écran de sa télévision. Gravure de mode impassible et paisible, elle semble morte. Des deux invités, c’est elle l’handicapée. Vis ma vie.
Vis ma vie, certes, mais jusqu’à un certain point. Ce n’est pas pour autant qu’on va s’aimer ! Leur cécité temporaire ne les rend pas aveugles. Loin s’en faut. Et, depuis Prosper les tensions circulent. Pas de répit pour les conflits. Pas de hors-champs. Peut-être une perception nouvelle ? A voir. Pour le moment, c’est une cible nouvelle : Karolina, la navrante. A propos d’une banale histoire de pull prêté, Michaël, plein d’harmonie et de sérénité, lui passe un savon tendance linge délicat : “tu me fais chier ! J’ai pas envie qu’une connasse comme toi le mette tout le temps !” Du coup, elle boude et a “mal au bide” : “c’est une accumulation”, qu’elle nous dit. Alors, pour désaccumuler, et aussi rapport à son mal au bide, elle décide de manger debout. J’ai décidé de m’aigrir.
Bien qu’ayant recouvré la vue, la perception de ses amis ne s’en trouve pas profondément modifiée. Alors que Serena préfère migrer que devoir supporter la Polonaise debout à côté d’elle en même temps que son régime, Helder ajoute son grain de sel, copieusement : “ta présence nous est inutile, (...) c’est pour ça que tu vas gicler.” La réponse fuse, pertinente : “t’es content ? Tu bandes, là ?!” Vis mon vit. Peu fière, elle va mouiller son mouchoir au confessionnal en une autocritique attendrissante, mais ô combien jouissive pour moi : “j’aurais aimé être plus cohérente dans ce que je disais, mais j’ai été complètement stupide.” Et, là c’est pas moi qui le dit. Elle conclut tout de même par un élément tout à fait nouveau : “mais, c’est une accumulation.” C’est peut-être ça le pire dans la bêtise : l’accumulation. Alors, un seul conseil : é-va-cuer. J’ai décidé de maigrir.