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JET SET
de Fabien Onteniente
Par Cyrille GUÉRIN

SYNOPSIS : Pour sauver leur bar de la faillite, Jimmy et Fifi, deux potes de banlieue, ont une illumination : faire venir la jet-set parisienne, cette caste habituée à avoir sa photo dans les magazines people. Pour réussir, ils demandent à Mike, beau gosse et comédien au chômage, d’infiltrer la jet pour se constituer un carnet d’adresses de VIP. Au milieu des stars éphémères du show-biz, des fils a papa, des veuves de milliardaires, Mike va devenir l’incontournable prince Di Segafredi. Mais, à fréquenter la jet, on risque de perdre plus que son âme.



JET SET, HUMOUR À TEJ

Les films de groupe laborieusement socialisants, à tendance ethnologico-pseudo poilante, sont devenus le modus vivendi nocif d’une certaine strate de la production tricolore, laquelle semble avoir paresseusement paraphé un nouvel Évangile du prêt-à-déconner. Depuis le fondateur La Vérité si je mens, dont un sequel est actuellement en pleine pousse, on s’est bousculé au portillon. Sur l’autel de ce genre rutilant en 97, on a recensé entre temps bon nombre d’osties périmées comme, par exemple, Restons groupés, Tout doit disparaître ou bien encore Grève party de Fabien Onteniente. Et celui réitère ces temps-ci avec un Jet set estival, un soleil sans rayons, bâti, du teasing jusqu’à son excroissance boursouflée sur les écrans, comme un grand gaillard totalement cancre, donc stupide, exclusivement conçu afin de récurer bêtement les zygomatiques d’un auditoire qui lui est tout acquis.

À cet égard, Jet set devrait soutirer sans difficultés aucune une abondance de contorsions faciales et d’égosillements fatals chez un public friand du plat qu’on lui sert... depuis maintenant bien trop longtemps. Aujourd’hui, après plusieurs passages dans le micro-onde de la récidive, le dit plat est imbouffable parce que mou autour et dur comme du béton au milieu. Cette fois la matrice originelle est au bout du rouleau, épuisée d’avoir prêté vie à des gosses mal éduqués. Jet set est de cette trempe irrespectueuse envers ceux qui, pour le faire marcher, lui offriront (trop) volontiers, une paire de béquilles estimée à cinquante balles. Soit l’équivalent d’une place de ciné. La recette : Jimmy et Fifi (Bruno Solo et Lorànt Deutsch), propriétaires d’un bar au bord de la faillite en banlieue (le 93, histoire de bien engraisser la machine à lieux communs et à équivoques) font appel à Mike (Samuel le Bihan), bel Apollon et comédien au chômdu. Sa mission : infiltrer le microcosme de la jet-set parisienne puis attirer les membres de celle-ci dans le troquet en crise, afin de lui donner une nouvelle chance.