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LESLIE CARON
Actrice
Propos recueillis en 2003
Par Michel LAURENT

Acceptant de revenir sur les moments forts de sa carrière, Leslie Caron évoque sa période américaine (Un Américain à Paris, Gigi, etc) auprès de Gene Kelly et de Fred Astaire avant de s’attacher à deux grands cinéastes français avec qui elle a travaillé par la suite : François Truffaut et Louis Malle.



Objectif Cinéma : Vous avez commencé la danse avec Roland Petit ?

Leslie Caron : Oui j’ai commencé aux Ballets des Champs-Élysées en 1947. J’avais 16 ans, et tout de suite il m’a confié un petit rôle solo. J’étais seule sur scène pour la première fois, pendant trois minutes pour le ballet d’ouverture. Ce qui était incroyable pour une gamine de 16 ans. Les costumes étaient de Christian Dior, la musique de Sauguet. Le ballet s’appelait Treize danses, c’était charmant. Moi j’étais le clown, Auguste. Je dansais une fois le numéro, seule, et ensuite se joignait à moi une danseuse très jolie, encore plus jeune, elle avait 14 ans. Elle est devenue très célèbre depuis, en étant danseuse étoile chez Balanchine. C’était Violette Verdi. Elle a été plus tard directrice des ballets de l’Opéra.

Les costumes de Dior étaient exquis. On a eu un grand succès [rires]. J’ai appris d’autres rôles et l’année suivante, je suis devenue première danseuse. J’ai dansé avec le grand danseur Jean Badilé dans un ballet qui s’appelait La rencontre, en fait la rencontre de Œdipe et le Sphynx. Encore une fois musique de Sauguet ; les costumes et les décors étaient du grand Christian Bérard. Ça a été un succès foudroyant. J’étais sur la couverture de Paris Match. Gene Kelly était dans la salle le soir de la première. Un an plus tard il est revenu à Paris pour faire des essais avec moi dans l’idée de me prendre comme partenaire pour Un Américain à Paris. Pour ma part, je n’étais pas intéressée par le cinéma. J’étais très contente dans les Ballets des Champs-Elysées. On faisait des tournées toute l’année, c’était amusant et très chaleureux. On allait dans les capitales du monde entier. J’ai promptement oublié l’offre de Gene Kelly. Je ne le connaissais même pas, je ne l’avais jamais vu au cinéma. C’est Eddy Constantine qui nous a rapprochés. Eddy était américain et sa femme, Hélène Constantine, était dans la même loge que moi.