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PETER WATKINS
Réalisateur
Par Stéphanie SENET

CINEASTE POLITIQUE EN COLERE

Les films de Peter Watkins sont rares sur les écrans français. Soumis à de nombreuses censures, le spécialiste du faux reportage est resté longtemps absent de la télévision comme des salles de cinéma depuis que la BBC l’a banni au milieu des années 60 à cause de The War Game (La Bombe) (1). Deux initiatives françaises viennent sortir son œuvre de l’ombre. En juillet 2004, le festival de La Rochelle a programmé un hommage en rassemblant douze de ses films, dont certains en copie neuve. Une rétrospective fut organisée au Jeu de Paume à Paris du 11 au 25 Janvier 2005, avec la projection de sept films majeurs. Enfin, Edvard Munch, la Danse de la vie, sort en salles le 2 février 2005.



THE WAR GAME : NAISSANCE D’UN IDEAL POLITIQUE

Son arrivée était attendue avec impatience. Nous sommes en juillet 2004 et la salle est pleine à craquer, curieuse de voir ce film qui traîne derrière lui un parfum de soufre. C’est précisément lors de la projection de The War Game (La Bombe) que Peter Watkins décide de rencontrer pour la première fois le public du festival de La Rochelle. L’introduction à son œuvre passe par un film coup de poing où l’on assiste à l’attaque nucléaire de la Grande-Bretagne et à ses conséquences sur la population, filmées de façon extrêmement réalistes. Entre les crises d’hystérie dues au traumatisme, les victimes mourant d’asphyxie ou de faim, et l’incapacité des autorités à apporter quelconque aide matérielle ou assistance médicale, on doit reprendre son souffle à la sortie de la projection. Peter Watkins signe avec The War Game, réalisé alors qu’il avait 30 ans, son deuxième film pour la BBC, pour lequel il a recours au procédé du faux reportage. Un moyen qui lui permet d’instaurer, pendant chacune de ces 50 minutes, l’enfer sur l’écran et une prise de conscience politique chez le spectateur. Un procédé qu’il a déjà utilisé dans ses premiers courts-métrages et notamment The Forgotten Faces, réalisé en 1960, où il reconstitue le soulèvement hongrois de 1956. Un procédé qu’il répète dans son premier long-métrage, Culloden, réalisé en 1964, qui rejoue la débâcle des troupes écossaises face aux troupes d’élite anglaises du duc de Camberland, bataille qui scelle définitivement, en 1746, l’avenir de l’Ecosse.