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BUD SPENCER
Acteur
Entretien réalisé à Paris
le 8 décembre 2004
Par Philippe LOMBARD
Merci à Viviana ANDRIANI

A n’en pas douter, Bud Spencer est un acteur physique. Ancien nageur professionnel (il a participé aux J.O. de 1952 et 1956), il a connu la gloire en assénant baffes et coups de poing dans des films qui ont marqué plusieurs générations de jeunes spectateurs. D’On l’appelle Trinita à Petit Papa Bastoni, il a formé avec Terence Hill un duo comique inoubliable, qui a fait se bidonner le monde entier. Aujourd’hui, il est à l’affiche de En chantant derrière les paravents d’Ermanno Olmi, un film totalement à part dans sa carrière. L’occasion de revenir sur celle-ci.



Objectif Cinéma : Comment êtes-vous passé du sport au cinéma ?

Bud Spencer : Je suis passé du sport au cinéma, sans jamais avoir eu l’idée de faire l’acteur. J’ai arrêté le sport en 1957. Le metteur en scène Giuseppe Colizzi a téléphoné en 1967 à ma femme et il lui a demandé si j’étais aussi costaud qu’à l’époque des Jeux Olympiques. Elle lui a répondu : « Non, il est encore plus gros, parce qu’il mange et qu’il ne fait pas de sport ! » (sourire) J’ai parlé à ce monsieur, qui m’a demandé si je maîtrisais l’anglais. J’ai dit : « Non ». « Vous montez à cheval ? » « Je ne suis jamais monté sur un cheval de ma vie. » « Vous avez la barbe ? » « Non, chaque matin, je me rase. » Ça a commencé comme ça... Colizzi est parti chercher quelqu’un d’autre, dans mon genre, mais il n’a trouvé personne. Alors il est revenu vers moi et m’a dit : « OK ! » C’est comme ça que ma carrière a commencé. Je pensais faire un seul film. J’ai changé mon nom, j’ai pris Spencer en hommage à Spencer Tracy et Bud à cause de la bière américaine Budweiser. Je suis devenu Bud Spencer pour un film seulement, et maintenant j’en suis au 104e et ce n’est pas fini.

Objectif Cinéma : C’est sur ce film, Dieu pardonne moi pas, que vous avez rencontré Terence Hill. Mais il n’était pas prévu à l’origine et le tournage a commencé avec Peter Martell. Que s’est-il passé ?

Bud Spencer : Il s’est cassé le pied, la veille au soir du tournage.

Objectif Cinéma : Quand vous avez rencontré Terence Hill sur le plateau, avez-vous senti une alchimie entre vous ?

Bud Spencer : Non, nous nous sommes simplement plongés dans le travail, sans aucun problème. Le couple est vraiment né deux ans plus tard avec On l’appelle Trinita.

Objectif Cinéma : Est-il vrai que vous étiez tous étonnés, vous, Terence Hill et le réalisateur Enzo Barboni, du succès comique de On l’appelle Trinita ?

Bud Spencer : C’est-à-dire que nous avons été les premiers à faire des westerns comiques. Après, Mel Brooks nous a copiés (NDLA : avec Le Shérif est en prison en 1974). Mais à l’époque, le succès n’était pas assuré et même, beaucoup de producteurs ne voulaient pas faire ce film. « Un western comique ? Ça ne marchera jamais ! » Il y avait les fantastiques films de Sergio Leone et cela ne semblait pas être dans l’air du temps.