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CRACHEZ VOS SOUHAITS
de Thierry Villeneuve
Par Cyrille GUERIN

SYNOPSIS : En 1998, le groupe Louise Attaque vendait plus de deux millions d’albums et remplissaient partout en France des salles de concert de plus en plus grandes. Jamais dans l’hexagone une formation musicale ne s’était imposée aussi rapidement, loin des médias et des circuits de promotion traditionnels.

Thierry Villeneuve, à travers ce documentaire, les a suivis en tournée, tentant ça et là de capter une page de l’histoire du rock français en train de s’écrire...



L’IMPOSTURE ?

Après Louise attaque, la déferlante discographique de 1997, l’avènement de 2000 n’ayant pas obtenu pareille poussée de fièvre, voici Louise attaque, le film. Tourné par Thierry Villeneuve en 1998, lorsque le phénomène parisiano-rock’n’roll était au plus haut de son mercure populaire et scénique, Crachez vos souhaits ne vaut guère pour sa démarche spéléologique au coeur d’un groupe ultra plébiscité. L’intérêt de cette étude mention passable réside surtout dans la texture cinématographique étroitement liée à la thématique de la dissimulation qui irrigue l’ensemble et qui caractérise, dans une osmose hydoine, les exigences artistiques des Louise.

Crachez vos souhaits s’ouvre sur la version live de L’Imposture, morceau emblématique de Louise attaque. Puis, tout au long de l’heure et demie que la caméra pas très strip teaseuse (au sens émission belge du terme) de Villeneuve s’immisce dans le quotidien-tournée de la formation, le titre aérodynamique extrait du premier album revient de façon anaphorique, déroulant ainsi le tapis rouge à ce qui va suivre : confidences des membres, réactions de ces derniers où l’on voit au passage à quel point Gaëtan et ses acolytes s’avèrent être des monstres du contrôle de leur image. Telle est la première limite de ce docu qui, de fait, s’embourbe petit à petit dans une paresse de la structure et, donc, une lassitude du spectateur. L’impression de répétition nappe rapidement le labeur du simili-reporter. Inconsciemment, L’Imposture change subitement de ton et de l’état de hit charismatique passe à celui de rengaine donnant le la, sonnant le glas, de la fatigue publique. A cela s’ajoute une ennuyeuse donnée que génère la facture "Envoyé spécial" de l’affaire. Il y a dix ans, les lecteurs compact de la France Intermarché n’offraient plus leur faisceau laser qu’au Alors regarde de Bruel. Les médias friands de secousse populaire, voyant en outre du sens là où il n’y en n’a pas forcément (les chroniques laudatives navrantes de "Loft story" montrent aujourd’hui à quel point d’insalubrité analytique nos scribouillards sont parvenus : l’émission de la ptite chaîne qui descend serait selon nos maîtres à penser une incarnation ultime de la liberté dont nous rêvons tous), s’étaient bien entendu entichés de ce qu’après un docte décryptage ils avaient baptisé la Bruelmania.